MÉTIER A PLUSIEURS NAVETTES.
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M. Denton (Anglais ), a demandé un brevet, le 18 avril 1854, pour unchangement de navettes qui s’opère par un levier actionné, au lieu decame, par des goujons fixés dans les coulisses radiales d’un disque, plusou moins près du centre. Ces goujons pouvant être changés de place, sui-vant un dessin, cette disposition constitue une espèce de came de formevariable.
M. Hayes a pris, le 10 avril 1855, un brevet pour un système analogueà celui de M. Bovet, décrit plus haut : C’est une toile sans fin qui porteles boîtes à navettes. Afin d’éviter la torsion des trames, l’inventeur aimaginé de les couper à chaque changement de navettes, le bout coupéétant, au départ de la navette, retenu par une pince.
M. Horstmann, dont nous avons déjà parlé plus haut, a demandé,je 16 juillet 1855, un nouveau brevet, dans lequel il décrit, à peu près,la même disposition que dans celui de 1848, mais avec quelques modi-fications.
Enfin, nous mentionnerons un brevet très-complet pris par MM. Dollfus- Mieg et C e à Mulhouse , le 24 octobre 1855, pour un métier à tisser à deuxnavettes. Avec ce métier, les inventeurs obtiennent des effets de trame detrois genres : 1° par le changement de trames; 2° par la variété du nom-bre de duites pour une longueur donnée de tissu ; 3° par ces deux effetscombinés.
Pour obtenir ces résultats, les inventeurs commandent par une sorte dejacquart ou ratière, d’un côté les boîtes à navettes, d’un autre côté le ré-gulateur, dont la vitesse varie à volonté, suivant l’effet à produire.
Voici comment se fait le changement de navettes :
Beux des crochets de la ratière, actionnés alternativement par les che-villes d’une série de planchettes, semblable à la chaîne à dessin dont nousavons parlé à l’occasion du brevet Horstmann, sont reliés par des cour-roies avec une poulie qui tourne dans un sens ou dans l’autre, selon quec'est l’un ou l’autre des crochets qui fonctionne.
À cette même poulie à gorges ( qui porte des chevilles formant lanterneet qui est maintenue par un T à ressort dit presseur) est relié, par unecourroie, un levier dont le bout forme un fer de lance, c’est-à-dire un cro-chet en dessus et un en dessous. Ce levier, horizontal, est articulé par sonautre bout à l’extrémité supérieure d’un levier vertical que fait oscillerune came, de sorte que le fer de lance a un mouvement de va-et-vient,entre deux barres horizontales portant chacune un goujon et que rappel-lent des ressorts.
Lorsque le mouvement de la poulie a laissé descendre le fer de lance,il saisit dans son va-et-vient le goujon de la barre inférieure, et fait mou-voir cette dernière. Celte barre est munie d’un plan incliné qui soulèvela boîte à navette; et comme celle-ci est munie d’un goujon qui vient s’en-gager dans un crochet à ressort, elle demeure élevée.
Mais, quand le fer de lance est soulevé par un mouvement inverse de