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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
arrangé id pour conserver autant que possible l’aspect qu’aurait chaquepalier s’il était isolé; la seule différence, c’est que, pour restreindrel'écartement des centres, les deux chapeaux se touchent, et ne sont pointarrondis à leur contact comme aux extrémités libres. Les boulons sontprisonniers pour ne pas compliquer la pièce et alourdir ses formes, parle motif, surtout, que la hauteur des centres est supposée un peu con-sidérable par rapport aux dimensions générales.
Pour ce même motif la liaison entre le corps et la semelle a lieu parune toile a de peu d’épaisseur, et par quatre nervures b disposées trans-versalement sur les axes mêmes des tourillons.
Palier de butée pour arbre d'hélice (fig. 31 et 32). — On saitquelle énorme poussée , ou pression réactive, s’exerce contre les supportsde l’arbre moteur dans les appareils à hélice appliqués à la navigation. Ilest évident que l’effort exercé par le propulseur, et qui doit être capablede vaincre la résistance opposée au navire par le fluide sur lequel il semeut, prend nécessairement son point d’appui sur les supports même del’axe de l’hélice; la poussée contre ces supports est donc infiniment plusconsidérable, relativement, que dans tout autre cas, puisque elle corres-pond , dans un certain rapport, à la puissance entière du moteur.
Avec un palier ordinaire, simplement muni de coussinets cylindriquesengagés dans les deux collets d’un tourillon, le frottement serait telle-ment considérable et l’usure si rapide, qu’il deviendrait impossible demaintenir la pièce en bon état pendant un temps même très-court quelsque soient les moyens employés comme graissage. Aussi tous les construc-teurs se sont-ils préoccupés de cette question, qui devenait vitale pour lanavigation à hélice, et plusieurs moyens ont été imaginés pour donnerune solution à cet important problème.
Nous ne pouvons pas entrer ici dans l’énumération de toutes les combi-naisons proposées, mais nous donnons un modèle (fig. 31 et 32), d’unsystème en usage, et qui nous a été communiqué par un constructeurtrès-expert sur ce sujet, M. Nillus, du Havre.
Le palier A est semblable extérieurement à ceux que nous avons vusjusqu’ici; mais l’intérieur est garni de deux coquilles, ou coussinets a ,formant six cannelures à section rectangulaire, dans lesquelles sont alorsengagés un même nombre de collets 6, appartenant à l’arbre B qui portel’hélice.
Par cette disposition, si la poussée totale n’est pas diminuée, elle serépartit du moins sur tous les collets b, qui n’en supportent chacun, parconséquent, que la) sixième partie; et la surface totale des coussinets quireçoit cette pression étant six fois plus grande, l’usure est proportionnel-lement moindre, ainsi que le jeu qui peut en résulter.
Les coquilles a ne sont pas en bronze, comme les coussinets ordinaires,mais en métal d’une composition particulière, et que l’on connaît sous lenom de métal-anti-friction.