PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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l’etable, assure au cultivateur des produits bien supdrieurs a ceux qu’ilobtenait avec ses fumiers consommes, peut-il les employer toujours etpartout aussi avantageusement?
Nous croyons qu’il ne pourrait sans danger le faire sur des terrainslegers, sablonneux, parce que les eaux, pdnetrant toujours ä une grandeprofondeur, entraineraient dans le sous-sol les parties les plus fines del’engrais, qui seraient ainsi perdues pour la Vegetation.
II faut, au contraire, ä des terrestrop divisees des fumiers gras, onc-tueux, qui les lient, leur donnent de la consistance et fixent ä la portdedes plantes les principes elementaires qu’elles exigent. Ces terres legeres,ainsi bien engraissees et bien traitees, acquierent une fertilite satisfaisante,tandis que les fumiers pailleux en augmenteraient la ldgeretd et les expo-seraient davantage ä l’action funeste de la chaleur et du hüle.
Mais i! en est tout autrement des terres fortes, compactes, tenaces, etde toutes ceiles qui, au retour des chaleurs, se durcissent ä la surface.L’experience fait, selon nous, au cultivateur une loi d’employer toujoursses fumiers immediatement ä leur sortie des etables, soit a la preparation,soit ä l’ensemencement de ces sortes de terres.
Ainsi employes, les fumiers les divisent, les ameublissent et facilitentl’evacuation des eaux qui leur sont principalement funestes, et les ouvrentaux emanations ferlilisantes de l’atmosphere.
Enfin, les principes fecondants, fixes dans le sol a la portee des plantesy seront toujours utilises ä leur profit.
II suivrait de ceci qu’il pourrait en etre autrement des terres de moyenneforce, qui ont le degre de profondeur, de fraicheur et de consistance con-venables ä la prosperite des vegetaux. Comme il est essentiel de les main-tenir toujours dans cet etat, les fumiers arrives ä un certain degre dedecomposition doivent dtre ceux qui leur conviennent davantage, attenduqu’ils n’apportent ainsi aucun changement sensible a leur consistance, etqu’ils augmentent plus sürement et plus Iongtemps que les autres leurfecondite naturelle. En reduisant toutes les considerations precedentes äleur plus simple expression, il en resulterait:
1° Que les fumiers frais conviennent aux terres adherentes, tenaces,compactes; qu’ils agissent sur eiles a la fois comme engrais et commeamendement; et que, pour les utiliser avec plus d’avantage, il faut lesemployer immediatement apres leur sortie des etables ;
2° Que les fumiers reduits ä un etat moyen de decomposition convien-nent principalement aux terres de moyenne consistance, parce qu’ils yproduisent des effets plus durables que les fumiers decomposes;
3° Que les fumiers gras et ddcomposes s’adaptent avantageusement auxsols legers dont ils corrigent. l’incoherence, en leur conservant en mdmetemps la fraicheur necessaire ä la Vegetation.
Disons enfin que les fumiers frais s’appliquent encore en couverture, du15 decembre au 15 fevrier, aux ensemencements d’automne, mais surtoutsur les prairies surnaturelles ou artificielles.