Band 
Tome deuxième
Seite
142
JPEG-Download
 

PUBLICATION INDUSTRIELLE.

142

letable, assure au cultivateur des produits bien supdrieurs a ceux quilobtenait avec ses fumiers consommes, peut-il les employer toujours etpartout aussi avantageusement?

Nous croyons quil ne pourrait sans danger le faire sur des terrainslegers, sablonneux, parce que les eaux, pdnetrant toujours ä une grandeprofondeur, entraineraient dans le sous-sol les parties les plus fines delengrais, qui seraient ainsi perdues pour la Vegetation.

II faut, au contraire, ä des terrestrop divisees des fumiers gras, onc-tueux, qui les lient, leur donnent de la consistance et fixent ä la portdedes plantes les principes elementaires quelles exigent. Ces terres legeres,ainsi bien engraissees et bien traitees, acquierent une fertilite satisfaisante,tandis que les fumiers pailleux en augmenteraient la ldgeretd et les expo-seraient davantage ä laction funeste de la chaleur et du hüle.

Mais i! en est tout autrement des terres fortes, compactes, tenaces, etde toutes ceiles qui, au retour des chaleurs, se durcissent ä la surface.Lexperience fait, selon nous, au cultivateur une loi demployer toujoursses fumiers immediatement ä leur sortie des etables, soit a la preparation,soit ä lensemencement de ces sortes de terres.

Ainsi employes, les fumiers les divisent, les ameublissent et facilitentlevacuation des eaux qui leur sont principalement funestes, et les ouvrentaux emanations ferlilisantes de latmosphere.

Enfin, les principes fecondants, fixes dans le sol a la portee des plantesy seront toujours utilises ä leur profit.

II suivrait de ceci quil pourrait en etre autrement des terres de moyenneforce, qui ont le degre de profondeur, de fraicheur et de consistance con-venables ä la prosperite des vegetaux. Comme il est essentiel de les main-tenir toujours dans cet etat, les fumiers arrives ä un certain degre dedecomposition doivent dtre ceux qui leur conviennent davantage, attenduquils napportent ainsi aucun changement sensible a leur consistance, etquils augmentent plus sürement et plus Iongtemps que les autres leurfecondite naturelle. En reduisant toutes les considerations precedentes äleur plus simple expression, il en resulterait:

1° Que les fumiers frais conviennent aux terres adherentes, tenaces,compactes; quils agissent sur eiles a la fois comme engrais et commeamendement; et que, pour les utiliser avec plus davantage, il faut lesemployer immediatement apres leur sortie des etables ;

2° Que les fumiers reduits ä un etat moyen de decomposition convien-nent principalement aux terres de moyenne consistance, parce quils yproduisent des effets plus durables que les fumiers decomposes;

3° Que les fumiers gras et ddcomposes sadaptent avantageusement auxsols legers dont ils corrigent. lincoherence, en leur conservant en mdmetemps la fraicheur necessaire ä la Vegetation.

Disons enfin que les fumiers frais sappliquent encore en couverture, du15 decembre au 15 fevrier, aux ensemencements dautomne, mais surtoutsur les prairies surnaturelles ou artificielles.