186
FUlLICATlON INDUSTRIELLE.
et la pression dans le condenseur ou l’atmosphöre. C’est, au reste, la tra-duction geometrique de' la formule admise dans la theorie ordinaire de lamachine ä vapeur sans detente.
Mais les praticiens avaient reconnu, depuis longtemps, que la machinelocomotive gagne en puissance, et economise encombustihle, lorsque, sansrien changerau tiroir, on fait tourner, ä demeure, l’excentrique qui dirigeson mouvement sur l’essieu coude, de teile sorte que l’admission de la va-peur et son cvacuation, au lieu decommencer prccisement au moment oüle piston atteint le point mort, precedent cet instant d’une certaine quantite.Cette disposition s’etait introduite dans les ateliers sous le nom d ’avance dutiroir. Elle etait ötablie sur les machines locomotives importees d’Angle-terre, en 1837, pour le Service du chemin de fer de Saint-Germain.
L’explication des avantages qui resultent de cette disposition n’etaitpasun mystere : on savait que l’avance du tiroir a pour efi'et de diminuer l’in-fluence de la contre-pression, qui, dans le röglement sans avance, a lieupendant tout le temps qui s’ecoule entre l’ouverture de la lumiöre d’echap-pement et l’instant ou l’equilibre de pression s’etablit entre la vapeur qui aaccompli son travail et le condenseur ou l’atmosphere. En outre, on s’etaitapergu que l’avance introduisait la vapeur sur une des faces du piston,avant que cette face eüt atteint le fond du cylindre, et l’on avait pare a cetinconvenient en accroissant la bride du tiroir de quelques millimetres ducöte de la chaudiere, ou en lui donnant un faible recouvrement exterieur.L’avance du tiroir est mentionnee dans la premiere edition de l’ouvrage deM. de Pambour sur les locomotives.
Plus tard cette disposition a ete l’objet de recherches approfondies dansl’ouvrage intitule Guide du mecanicien, publie en 1840, par MM. Flaehat etPetiet. Ces ingenieurs conseillent de regier les machines locomotives deteile sorte que la vapeur, s’introduisant un moment avant que le piston aitchange de mouvement, commence ä s’echapper lorsque la manivelle aencore 25 degres a parcourir pour atteindre le point mort, la vapeur n’estalors introduite que pendant les 0,87 de la course du piston. MM. Flaehatet Petiet ont fait ressortir les avantages qui resultent de cette economie devapeur; ensuite, a l’aide d’hypothfeses plausibles et d’une methode de calculapproximative, il ont cherche ä decouvrir la loi de la pression variable queconserve la vapeur durant l’echappement, etä representer par des nombresle benefice que l’on trouve ä faire tourner au profit du travail utile cettemöme pression, qui, dans le regiement sans avance, en consomme inuti-lement une portion trös-notable. Mais, ä l’imitation des constructeurs,MM. Flaehat et Petiet s’etaient trop tot arretes dans la voie du progresSignale par de premiers succes pratiques, et qu’ils avaient eux-mömes con-tribue ä eclaircir et ä repandre.
Jusque lä on s’etait uniquement preoccupe de l’idee d’ouvrir la commu-nication avec l’atmosphere ou le condenseur, avant que le piston ait atteintle terme de sa course. Le recouvrement du tiroir, du cöte exterieur, avait