SYSTEME DE DfiSEMBRAYAGE
APPLIQUE
AUX NAVIRES A VAPEUR,
Par M. BI AKT CS EON.
(PLANCHE 14 ).
Nous avons citö plusieurs fois M. Mangeon au sujet de l’appareil du Vau-tour qu’il a monte, et qu’il a conduit avec tant de zele et d’inleliigencependant plusieurs mois, en adressant ä M. Gengembre des observationströs-judicieuses, et en apportant de ses propres idöes des ameliorationsutiles dans differentes parties du mecanisme. Cet ingönieur est d’autantplus digne d’ötre mentionne favorablement, qu’il est arrivö par ses propresmoyens, par ses etudes, ä acquerir des connaissances profondes dans Iamecanique. Nous voudrions donner une idöe de ses capacites en publiantson Systeme de desembrayage, qu’il a congu, il y a plusieurs annöes, pourÖtre applique aux navires de grande puissance naviguant sur la mer.
Exposons d’abord, avant de döcrire ce mecanisme, quelques-unes desprincipales observations qui l’ont engagö ä le composer :
Tout le monde sait aujourd’hui que l’on est souvent arrötesur mer pourcause de derangement dans les machines, quelquefois mörne par l’öpuise-ment complet du combustible ; on est alors obligö de soutenir la marchedu bätiment par le secours des voiles. Mais les aubes des roues immobilespresentent un obstacle considerable ä cette marche, par l’eau qu’ellesrefoulent devant eiles, ce qui rend souvent le gouvernail sans effet. Etcomme les accidents arrivent de preference dans les gros temps, le navirepresente alors bientöt son travers aux vagues, et se trouve abandonnü ätoute leur fureur.
Dans d’autres circonstances, on regrette de ne pouvoir utiliser des ventsfavorables qui seuls conduiraient le navire aussi bien que les machines , etepargneraient le combustible ; car les masses de charbon qu’on consumesont effrayantes. Cet avantage se ferait non-seulement sentir sur l’öcono-mie, mais il amönerait aussi du repos dans l’öquipage , attendu que le Ser-vice des machines est extrömement penible.