PÜBLICATION INDUSTRIELLE.
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denteles, qui, dans le vif mouvement de rotation imprime ä ce plateau,dechirent le bois que l’on soumet ä leur action, et le divisent ainsi en par-celles tres-fines. Penetre des bons rösultats obtenus parla dentelure de cescouteaux, il les disposa bientot pour qu’en leur presentant les branehes debois ou les racines de maniere ä etre tangentes ä la circonference du pla-teau, ou ä faire avec les rayons de celui-ci des angles plus ou moins obtus,on obtienne des affilages plus ou moins grands, c’est-a-dire des filamentsdans la direction de ceux du bois, plus ou moins longs. Or, on sait quecertains bois de teinture, ainsi divises en filaments, au lieu d’ötre reduitscompletement en poudre, sont tres-favorables h une bonne extraction. Eneffet, d’apres le procede de M. Souarce, on a pu reconnaitre que, lorsqueles poudres etaient trop reduites, on operait tres-difficilement (eiles pas-saient ä travers l’espece de filtre qui ferme le vase, pour s’echapper avecl’eau sans etre d^chargees de leur matiere colorante) ; dans certains casmöme, l’operation devenait impraticable, tandis qu’elle se fait tres-bien ettres-rapidement lorsque le bois est simplement affilü.
L’auteur a si bien compris les avantages de ce mode de travailler les boisde teinture, qu’aussitöt aprüs avoir pris un brevet de perfectionnementpour ses nouveaux moyens, il a monte ä ses frais, dans son propre etablis-sement, plusieurs machines commandees par un moteur ä vapeur de la forcede 12 chevaux, pour exploiter cette fabrication ä Paris . Il n’en continuepas moins d’en construire pour l’intürieur de la France et pour fütranger.
Plusieurs constructeurs trös-capables ont propose et mis ä execution ,dans ces derniöres annees, divers appareils pour reduire les bois de tein-ture en poudre, en üvitant l’action des meules. Ainsi M. E. Philippe, inge-nieur-mecanicien ä Paris , a ütabli une machine composee d’une especede cylindre ou tambour armü de fragments de lames de scie circulairesdistribuees sur la circonference, de maniere ä attaquer successivementtoutes les parties du bois soumises ä leur action. Il pouvait ainsi obtenirune division tres-grande, et par consequent une poudre fine et reguliere.Ce tambour tourne d’ailleurs avec une rapidite extreme, et qui n’est pasmoindre de 400 ä 500 r^volutions par minute. Disons, en passant, que cetexcellent constructeur, qui a etudie d’une maniere toute particuliere lesmoyens de travailler le bois, vient de monter un etablissement specialpour la fabrication de nouveaux parquets composes d’un grand nombre demorceaux triangulaires ou carres qu’il debite et qu’il assemble mecani-quement.
M. Vallery , de Rouen , qui s’est acquis une belle reputation par son Sys-teme de grenier mobile, a congu une machine propre ä rßduire les bois enpoudre, sans se servir de la main de l’homme pour maintenir les bois pen-dant le travail. Ainsi il a etabli une espöce de tour ä chariot, dont le pla-teau , fixe sur l’arbre, en regoit un mouvement de rotation rapide, et estarme de lames convenablement disposöes; le chariot portant la büche debois qu’on veut triturer, s’avance graduellement contre ces lames par le