PUBLICATION INDUSTRIELLE.
VII
à sucre, et plus particulièrement celui à cinq cylindres de M. Nillus (1),qui présente l’avantage d’opérer quatre pressions consécutives, au lieu dedeux obtenues par ceux à trois seulement. Cet habile constructeur, à quinos colonies doivent, sans contredit, de grands perfectionnements dans cegenre d’appareils, commande un tel moulin par une machine à balan-cier, d’une fort bonne exécution, et de la force de 15 à 16 chevaux.MM. Derosne et Cail ont cru devoir adopter, au contraire, une machinehorizontale pour faire mouvoir le moulin à trois cylindres, et MM. Maze-line frères, du Havre, qui s’occupent aussi de ce genre d’appareils, éta-blissent directement leur machine à vapeur sur le moulin même qui estégalement à trois cylindres. On paraît généralement adopter aujourd’hui lachaîne sans fin qui amène les cannes d’une manière régulière sous les cy-lindres. M. Mesnil, de Nantes , qui n’a exposé que deux modèles en petitpour des fabriques de sucre de canne, commande, dans l’une, les trois cylin-dres par une machine à vapeur et, dans l’autre, par un manège ; ce derniermoteur, que M. Nillus a quelquefois employé avec avantage, concurrem-ment avec le vent, exige nécessairement l’application de cylindres d’uneplus faible dimension. Hans des localités où l’on peut avoir des chutesd’eau, on doit évidemment les utiliser, préférablement à tout autre moteur.
Si l’on ne voit pas à l’Exposition de grandes machines à vapeur pourbateaux, du moins on regarde avec curiosité le bien joli modèle du navireà vapeur le Sphinx , exécuté par M. Philippe , pour le Conservatoire des Arts-et-Métiers (2). Ce modèle montre exactement au 1/5 de grandeur,l’une des machines vues extérieurement, et l’autre coupée par le milieude sa longueur. La chaudière à parois planes, placée à côté, est exécutéeau 1/10 e avec les roues à pales, dont l’un sur le système ordinaire à aubesfixes, et l’autre sur le système excentrique ou à aubes mobiles deM. Cavé, et connues en Angleterre sous le nom de roues de Morgan. Onsait que cet organe propulseur des bateaux a subi de grandes modificationsplus ou moins avantageuses, à différentes époques, soit par l’inclinaison,soit par la mobilité des aubes. Mais quel que soit le système que l’onait construit jusqu’ici, on cherche à le remplacer, dans plusieurs cas,par des vis ou roues à hélices, comme celles dont nous avons fait voir lesdifférentes formes (3). Les bons résultats obtenus par ce mode de pro-pulseur sur le bateau à vapeur le Napoléon, engagent beaucoup les gou-vernements à l’appliquer à des navires bien plus puissants. Ainsi, M. Cavés’occupe actuellement de la construction d’un appareil de 220 chevaux qui
(1) Voir la 6« livr. du tom. n, qui donne des notices sur les divers systèmes de moulins à canne,avecîa description complète de ceux qui ont été le plus perfectionnés.
(2) On trouve dans les livr. 5 et 4 du tome n les dessins et description d’un appareil de mêmepuissance, construit pour la marine, avec une chaudière à parois planes, et ceux d'une autremachine plus faible de M. JWaudslay, avec des données sur les divers appareils établis.
(3) On voit dans la 8e livr., t. m, les tracés et la description des hélices à 3 et à 4 filets, appli-quées au Napoléon, et dans la 9* livr., les principaux systèmes de propulseurs à vis, proposéspour les navir es à vapeur, avec l’historique de tout ce qui a été tenté sur ce sujet.