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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
pag. 10 et suivantes, on voit (n° 1, essais des 17, 20 et 21 juin, et n° 2,essais des 23, 24 et 27), que la quantité d’eau moyenne vaporisée par1 kilogramme de charbon (gaillette de Demain) est, pour la chaudière sansbouilleurs, de 8 k 10, et pour la seconde chaudière, avec bouilleurs, de7 k -45; dans l’un comme dans l’autre appareil, on s’est servi d’une grilleordinaire de l m 50 de longueur sur l'"10 de large.
Dans la 3 e série d’expériences (n° 3, 29 juin au 13 juillet), avec une grilleordinaire , moitié plus petite que la précédente, on a obtenu en moyenne7 k -28 d’eau vaporisée par kilogramme de charbon avec la première chau-dière, tandis qu’avec la seconde, la moyenne (n° 4, 26, 27 et 28 juillet)était de 6 k -88.
Si on compare ces résultats aux surfaces de chauffe des deux chaudières,on trouve que la première a produit 0 k -574 à 0 k -648 de vapeur par mètrequarré, et que la seconde a seulement produit 0 k -2I5 à 0 k -233, différenceénorme qui ne peut qu’être entièrement favorable aux chaudières sansbouilleurs.
Déjà plusieurs auteurs avaient remarqué qu’il fallait éviter de faire par-courir à la flamme et aux gaz, provenant de la combustion, un trop grandnombre de circuits, parce qu’au lieu de faire produire à la chaudière une plusgrande quantité de vapeur, on était susceptible de lui en faire produireune moindre ? On a pu se convaincre, en effet, dans plusieurs cas, quela chaudière était refroidie, ou lieu d’acquérir une température plusélevée, par la fumée et les gaz qui parcouraient les derniers carneaux, enléchant les parois latérales.
Cependant, dans l’exemple actuel qui nous occupe, il ne semble pas quece motif soit suffisamment plausible, car la flamme et l’air brûlé n’ont quedeux parcours à faire, comme nous l’avons fait voir fig. 1 et 2; on ne peutsupposer que leur refroidissement en sortant des seconds carneaux J soitréellement considérable, la température doit être encore évidemmentplus grande que celle de la chaudière.
Ne serait-il pas plus rationnel de penser que les bouilleurs sont suscepti-bles, malgré la grande surface de chauffe qu'ils présentent, de produirebeaucoup moins de vapeur qu’on ne l’a présumé jusqu’ici, et peut-êtremême de n’en pas produire du tout. On sait très-bien que l’eau est d’autantplus difficile à évaporer qu’elle est plus fortement comprimée; or, par celamême que les bouilleurs sont chauffés à une très-haute température etcomplètement pleins d’eau, et de plus qu’ils n’ont ordinairement chacunde communication avec la chaudière que deux tubulures dont les diamètressont assez souvent très-petits, il est probable que le dégagement de lavapeur se fait difficilement, l’eau peut être fortement pressée dans une en-veloppe de vapeur sans se vaporiser. Ce serait sans doute un phénomènetrès-curieux à examiner; nous savons que M. Cavé s’occupe de faire de nou-veaux essais à ce sujet, nous nous empresserons de les faire connaître. Ilserait bien à désirer que des physiciens fussent chargés de faire des expé-