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PUBLICATION ÎNUDSTKIELLE.
la couche du sirop mis en ébullition par un serpentin chauffé à la vapeur.Cette masse d’air s’introduisait, au moyen d’une machine soufflante, parle fond de la chaudière, criblé de trous, et venait traverser le sirop pourenlever la vapeur. On remarqua bientôt que ce procédé, quoique opérantà des températures moins élevées que dans les appareils précédents, alté-rait le grain du sucre, le divisait, et empêchait la purgation des produits;monté à grands frais chez quelques fabricants, il fut abandonné lorsquel’expérience eut prononcé.
Déjà, en 1820 et 1822, MM. Hague et Crosley avaient proposé un appa-reil à air chaud et à vapeur, applicable à l’évaporation du sirop (1); maisil paraît que cet appareil n’eut aucune suite.
Cependant un appareil analogue, opérant également la concentration parla vapeur et par un courant d'air chaud, et pour lequel une patente a étéaccordée, en Angleterre, à M. Kneller, en 1829 (2), fut exécuté en grand,et marcha longtemps dans une fabrique de Londres . 11 était, on peut ledire, beaucoup plus complet et mieux entendu, sous le rapport de la con-struction.
On sait, au reste, que l’idée de l’application de l’air chaud, pour concen-trer des dissolutions ou des jus, avait été émise, par M. Montgolfier, dès1794, et proposée, plus tard, en 1810, par MM. Clément et Désormes (3).Elle fut reproduite, bientôt après, en 1811 et 1812, sous une autre forme,par M. Curaudau (4), et ensuite par M. Pajot des Charmes, en 1813 (5).
Le 16 mai 1828, M. Ferpigna prit un brevet d’importation, en France (6),pour Un nouvel appareil d’évaporation des jus, qui a aussi de l’analogieavec les systèmes de Kneller et de Brame-Chevalier. Cet appareil se com-posait d’une espèce d’auge à double fond, recevant de la vapeur ou de l’airchaud, et au-dessus de laquelle était un tuyau horizontal contourné enserpentin, qui recevait un mouvement de rotation. La partie inférieure decelui-ci plongeait dans le sirop contenu dans l’auge, et communiquait avecun tuyau, partant du double fond, pour recevoir la vapeur ou l’air chaud,pendant qu’un autre tuyau servait au retour de la vapeur condensée. Ceserpentin mettait, dans sa rotation, toute la masse du liquide en agitation,et, par son contact avec ce dernier, il activait l’évaporation. De cette ma-nière, le sirop, déjà chauffé par le double fond, l'était encore par leserpentin. Un brevet d’importation de dix ans fut pris par le même deuxannées plus tard (le 23 avril 1830), pour un appareil à évaporer les siropset autres liquides susceptibles de se dénaturer quand ils sont longtempsexposés à la chaleur.
(1) Brevets d'invention expirés, lorne XXI, page 70.
(2) Reperlory o[ paient invention, tome IX , page 69. Il prit un brevet de dix ans en France , le13 août 1834.
(3) Annales de chimie, tome LXXYI.
(■*) Annales des arts et manufactures , tome XL et XLIII.
(5) idem , tome XLIX.
t6) Brevets expirés, tome XXXV), pag. 186.