l'UlîLICATlON INDUSTRIELLE.
la hauteur de ceux-ci 16 à 18 entonnoirs ou collerettes E, E', dontla partieinférieure est dentelée ou percée d’une grande quantité de petits trous parlesquels le sirop est obligé de passer (les fig. 12 à 15 montrent les dé-tails de ces collerettes ) ; l’écartement entre deux collerettes successivesn’est pas indifférent, il tient à la nature du jus que l’on a à concentrer;l’expérience seule peut indiquer celui qui est convenable. Par cela même,elles ne peuvent être fixées invariablement aux cônes ; elles ne sont tenuesqu’à frottement, ce qu’il est facile d’obtenir par la nature conique des sur-faces contre lesquelles elles s’appliquent. Il est aussi indispensable de leurdonner une grande hauteur, parce que, s’il arrive parfois que les trouss’engorgent, le jus, ne pouvant plus passer, se déverserait en dehors, oupourrait se mêler au sirop cuit
Le liquide s’évaporant au fur et à mesure qu’il descend d’une colleretteà l’autre diminue de volume , et par conséquent on n’a pas besoin de leurprésenter une surface chauffante aussi grande ; elle doit se réduire propor-tionnellement. Si cette réduction était trop rapide, le sirop s’engorgeraitdans ses collerettes, ou présenterait sur les surfaces de chauffe une épais-seur trop grande, ce qui nuirait évidemment à la cuite; si, au contraire,les surfaces se rapprochaient trop d’un cylindre, le volume du sirop dimi-nuant à mesure qu’il descend, rencontrerait toujours une même surface dechauffe, la couche serait plus faible; la température étant la même, lacuite serait trop prompte et les sirops pourraient se brûler.
On conçoit que la vapeur qui se dégage dans l’intérieur du cône B doitproduire un courant d’air très-rapide , comme le ferait le canal d’une che-minée ordinaire; par conséquent l’évaporation doit être plus grande dansl'intérieur du cône qu’à l’extérieur. On remédie à cette différence aumoyen des robinets a avec lesquels on règle la quantité de jus qui doit serépandre sur les surfaces coniques.
La vapeur provenant du générateur se rend dans l’espace libre des deuxcônes, parle tuyau G muni de son robinet m, et elle en sort à la partieinférieure par le tube à robinet n. Le sirop cuit tombe à la partie infé-rieure dans la bassine II, d’où il se rend dans le rafraîchissoir, par le canal I,pour être ensuite transvasé dans une autre cuve où il est agité au moyend'une spatule afin de lui donner le grain; puis il est déposé dans desmoules.
Cet appareil, construit par M. Hallette d’Arras, est entièrement encuivre, et revient à 2,400 francs; savoir : 1,200 fr. pour le constructeur,et la même somme pour la prime du brevet. M. Nillus, du Hàvre, s'estchargé de l’application et du placement de cet appareil dans les coloniesfrançaises.
Dans la belle et grande raffinerie de MM. Sommier, à la Viilette, oùnous avons vu fonctionner cet appareil, on compte faire généralementCO pains de sucre du poids de C kilogrammes par heure, ce qui correspondà 7 ou 800 litres de jus concentré pendant ce temps.