PUBLICATION INDUSTRIELLE.
59
ceux le plus généralement employés sont les acides chlorydrique, tartrlqueet sulfurique ; celui qui convient le mieux, à cause de son prix moins élevé,est l’acide sulfurique, qui joint en outre le grand avantage de ne pointcontenir d’acide sulfureux, et de pouvoir être employé très-étendu d’eau.Il est bon d’observer que cet acide a plus d’action sur le fer et le zinc lors-qu’il est étendu d’eau que lorsqu’il est concentré ; et que, pour le plomb, ilfaut qu’il soit chaud et concentré pour qu’il puisse le dissoudre ; du reste,dans ce dernier état, il n’est qu’un petit nombre de métaux qui puissentrésister à son énergie ; aussi doit-on, dans les appareils où on en faitusage, éviter la chaleur développée par le mélange de l’acide sulfuriqueavec l’eau.
Les carbonates les plus employés sont au nombre de trois : la craie, oucarbonate de chaux, le marbre blanc en poudre et le bi-carbonate de soudebien saturé; cependant le premier est préféré aux deux autres à causede la grande facilité de se le procurer. La craie, ou carbonate de chaux,est mise en pains après avoir été lavée et broyée ; secs, ils constituent ceque l’on nomme vulgairement blanc d'Espagne.
Dans cet état, la craie, ayant subi un lavage, a perdu son odeur argi-leuse; elle est d’ailleurs plus facile à réduire en poudre, et c’est un pro-duit du commerce que l’on peut se procurer partout et à très-bon compte.
Il y a deux manières distinctes de fabriquer les eaux gazeuses : l’uneconsiste à comprimer le gaz, par une pompe foulante dans un récipient,pour obtenir une pression déterminée; l’autre supprime la pompe, et lacompression de gaz ne s’obtient que par l'action de l’acide très-concentré.Pour qu’il ait moins de volume, on le renferme dans une sphère doubléeà son intérieur en plomb ou en argent, et que l’on place sur un grand réci-pient en cuivre doublé de la môme manière. Le récipient est traversé parun agitateur, qui sert à remuer l’eau et la craie que l’on y a préalablementintroduites. On laisse tomber l’acide sur la craie, le gaz se produit aussitôt,et afin de favoriser son dégagement, on fait tourner l’agitateur. Le gaz serend ensuite dans un vase où il se lave, puis dans un cylindre saturateur.
Un appareil, construit d’après ce principe, est difficile et dangereux àmettre en œuvre: la moindre faute ou rupture peut occasionner des acci-dents graves, et la forte chaleur qui se produit pendant l’opération est tou-jours nuisible.
La première machine, construite pour obtenir une fabrication régulière,et que l’on désigne sous le nom de système continu, paraît avoir été inventépar Bramah, ingénieur anglais (1).
Il a été aussi publié en 1825 une machine de M. Cameron, établied’après le principe de l’action chimique qui se produit par l’acide sulfuriqueconcentré sur une masse de carbonate de chaux. Tout simple que puissed’abord paraître cet appareil, il n’est pas sans danger, aussi est-il peu em-ployé, pour ne pas dire tout à fait abandonné.
(I) bulletin de la Société d’encouragement 9 l. 26 , p. 216, — 1822.