122
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Le buttoir couvre au centre des deux lignes de plantes une raie pro-fonde de 14- à 16 centimètres sur 22 à 25 centimètres de largeur, et rejetteles terres avec les plantes qui les couvrent par égale quantité, à droite età gauche de ses deux versoirs, et elles forment deux petits billons d’environ14 centimètres de base, sous lesquels sont enterrées les plantes qui existentde chaque côté de l’action du buttoir. Cette première opération terminée,les socs, les coutres et les versoirs du couvre-graines qui ont été placés demanière à avoir 27 millimètres à peu près d’entrure au-dessous de la surfacedu sol, viennent arracher toutes ces mômes plantes que les socs du buttoiront couvertes de terre à leur droite et à leur gauche. Elles résistent d’autantmoins à leur action, que leurs pampres chargés de terre ne peuvent glisserainsi qu’ils le font sous les pieds des houes à cheval ordinaires. Ces plantessont alors irrésistiblemententraînées avec la terre sur laquelle elles végètentpar l'instrument qui s’empare aussi de celles jetées par les versoirs du but-toir, et qui viennent, en se mélangeant, passer entre ceux du couvre-graines qui en remplit la raie et laisse même au centre un petit billon,d’environ 11 centimètres de largeur, formé des terres enlevées parle couvre-graines , et que la raie n’a pu contenir.
Les plantes arrachées par cette double manœuvre se dessèchent prompte-ment dans le billon où la plupart d’entre elles sont entraînées, et au deuxièmebinage qu’on doit donner quelque temps après, le bidon disparaît et lesterres reprennent respectivement leur position première, le couvre-grainesétant réglé celte fois de manière à ce que ses socs n’aient pas d’entrure etne fassent qu’effleurer légèrement la surface du sol.
Cette manœuvre, qui est d’une explication peut-être difficile, se compren-dra de suite à l’examen des instruments, et il n’est pas un cultivateur quine reconnaisse combien elle doit être précieuse par son énergie, sa régu-larité et la facilité de son exécution.
Le couvre-graines présente le désavantage de charger les mancheronsdu buttoir; mais ce petit inconvénient ne se fait sentir qu’au moment detourner à l’extrémité de chaque raie. Dans le dessin pl. 10, le buttoir a étéfait pour servir de tourne-oreille à des défrichements ; il est en conséquencebeaucoup trop fort et trop matériel pour l’usage du buttoir-semoir ; il peutêtre construit beaucoup plus légèrement, ainsi que le couvre-graines. 11est sans doute inutile d’observer que pour tourner la charrue au bout desraies, il faut l’élever suffisamment par les mancherons, pour la faire s’ap-puyer sur la roulette et pivoter dessus.
CHARRUE-OMNIBUS EMPLOYÉE COMME TOURNE-OREILLE
POUR LES DIVERS LABOURS QUI NÉCESSITENT CETTE DISPOSITIONDE L’INSTRUMENT,
ET POUR LE DÉFRICHEMENT DES TERRES INCULTES ET AUTRES.
M. Trochu , en agronome éclairé, observe avec raison que les char-rues à tourne - oreille, versant toujours leur terre du même côté de