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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
retourner en dedans les ailes du fixateur l qui retient le coutre D immo-bile au centre de la ligne de tirage. Ce coutre, étant ainsi rendu mobile,vient de lui-même se placer invariablement dans la ligne du tirage, soit àdroite , soit à gauche; il suffit, pour obtenir cet effet, de porter le versoirdu côté qui convient et de laisser tomber le crochet sur le trou pratiqué àl’extrémité dans la traverse qui réunit les deux versoirs derrière l’étançonpostérieur. Cette manœuvre, si simple, si facile à exécuter par le labou-reur, donne à l’ensemble de l’instrument une solidité aussi parfaite quecelle des charrues à versoir fixe les plus fortes.
Il est très-avantageux de transformer en araire cette charrue à tourne-oreille, pour faire les labours qui demandent une grande puissance, pourles défrichements, par exemple (1) ; il suffit, pour cela , d’enlever la rou-lette G qui sert d’avant-train et d’établir l’araire dans ses aplombs, avecl’aide du régulateur. Dans cette nouvelle position, l’instrument fonctionneaussi bien que s’il avait été construit seulement pour le service d’araire.
Les versoirs du buttoir ont peu de courbure, ce qui est nécessité par leservice de tourne oreille ; mais elle suffit pour tourner parfaitement laterre, ainsi que M. Trochu l’a éprouvé. Il croit d’ailleurs qu’on s’est, engénéral, beaucoup exagéré les avantages que peuvent présenter certainescourbes données aux versoirs pour le renversement de la terre ; l’expériencelui a prouvé que cette disposition que la théorie prescrit comme indispen-sable , n’est pas, d’après l’expérience, d’une application très-utile lorsquele versoir a la longueur et l’ouverture nécessaires ; la vieille charrue bre-tonne, en usage sur les côtes du Morbihan , tourne admirablement laterre, et son versoir est formé d’une planchette parfaitement droite. Lacharrue tourne-oreille de M. Trochu, avec laquelle il a fait transplanterdu colza sur onze à douze hectares , renverse aussi bien sa terre que lescharrues modernes dont le versoir présente la courbe la plus irréprochable,d’après les opinions émises par nos meilleurs agronomes.
L’auteur a bien voulu nous remettre la note détaillée des frais de con-struction de son premier appareil, et nous avons reconnu qu’il n’était pasrevenu, avec tous ses accessoires, à plus de 153 fr., et que la charrueseule n’a pas coûté 67 fr. ; en fabrication, ces prix peuvent encore êtreréduits notablement.
Nous ne devons pas omettre de dire, en terminant cette description,que M. Trochu a reçu une médaille d’argent pour cet ingénieux instru-ment; c’est la récompense la plus considérable qui a été donnée cetteannée pour les machines d’agriculture (2).
(1) Le modèle représenté pi. 10 a été construit dans la prévision qu’il serait employé à ces travauxpénibles. C’est ce qui a déterminé l’auteur à lui donner de grandes dimensions, et beaucoup plus deforce qu’il ne serait necessaire pour les services de buttoir, semoir, et de houe à cheval, auxquels ilpeut néanmoins être parfaitement employé.
(2) M. Cambray père, qui est bien connu pour la confection de divers instruments employés enagriculture , est chargé par l’auteur d’en établir plusieurs sur ce nouveau système.