PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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et on lui conserve cette position jusqu’à ce que la pâte ait acquis la finessevoulue ; c’est surtout vers cette position qu’il importe d’apporter une grandeattention, car un prolongement plus grand qu’il n’est nécessaire nuirait à laqualité de la pâte et pourrait en faire perdre une grande quantité avec l’eau;cet effet serait évidemment plus sensible dans les piles rafïineuses.
Lorsque l’on juge les chiffons défilés convenablement, on enlève lesbondes a, et le liquide avec les chiffons se rendent par les conduits dansla pile rafïineuse dont le travail est le môme ; seulement, dans cette der-nière, il est bon , avant de vider la cuve, de laisser travailler le cylindrependant quelque temps après l’avoir éloigné un peu de la platine, afin dedébarrasser la pâte des nœuds et d’achever de la raffiner.
Ordinairement une pile contient 30 à àO kilog. de chiffons, que l’on metpeu à peu dans la cuve, pour ne pas engorger le cylindre; on donne géné-ralement au défileur une vitesse de 195 à 220 tours par minute ; l’opératio ndu défilage dure deux, trois à quatre heures, suivant la nature des chiffons etla qualité du papier que l’on veut obtenir. Avec cette vitesse et cette quantitéde chiffons on estime qu’il faut environ une force de cinq chevaux vapeurpour faire mouvoir une pareille pile. La rafïineuse, qui marche à une vitesse| de 220 à 2i0 tours par minute, demande aussi à peu près le même tempstsidet la même force motrice; mais ces données ne se rapportent qu’aux pre-mières qualités de papiers que l’on veut fabriquer. Pour les papiers com-muns la trituration n’a pas besoin d’être aussi complète ; on pourrait, selonles cas, porter cette quantité au double.
DU BLANCHISSAGE DE LA PATE.
Avant que l’on ne connût la découverte de Berthollet pour l’applicationau blanchiment des toiles (1) de la propriété du chlore, de détruire entière-ment les couleurs végétales, les fabricants ne parvenaient à faire du papierblanc, qu’en choisissant des chiffons déjà blanchis par les nombreuses les-sives qu’on leur avait fait subir. Ils les soumettaient de nouveau à des les-sives caustiques, les exposaient à la rosée et à la lumière, et obtenaientun papier qui était regardé comme blanc, ne pouvant obtenir rien demieux, mais dont ils étaient obligés de masquer les défauts en lui donnantune teinte d’azur plus ou moins foncée. Depuis la découverte du chloreet la connaissance exacte de ses propriétés , on les a appliquées à la déco-loration des pâtes de papier. Deux moyens ont été proposés : l’un par lechlore gazeux ét l’autre par le chlorure de chaux ; c’est ce dernier moyenqui paraît aujourd’hui le plus usité.
Le blanchiment de la pâte peut se faire de trois manières différentes :l°dans la pile à défiler, lorsque le lavage et le défilage sont à moitié faits ;dans ce cas, avant de jeter le chlorure de chaux dans la pile, on arrêtel’entrée et la sortie de l’eau, on laisse agir dans cette pile pendant une
(1) Dictionnaire technologique , vol. xv, p.