PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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l’extrémité des deux règles inclinées. pour de là s’accrocher en un pointde la circonférence de la grande poulie à gorge U. Celle-ci est fondue avecdeux autres poulies plus petites (fig. 7), à l’une desquelles s’attache uneseconde chaîne ou corde m', qui descend se lier au bout d’un grand levierà bascule V, en fer forgé. Il est évident qu’en faisant descendre cette extré-mité du levier, on fait tourner les poulies dans le sens indiqué par les flè-ches (fig. 1 ), cl alors la corde m s’enroule sur la gorge de la grande poulie,et par suite le chariot est tiré de droite à gauche. On voit donc déjà quepour déterminer le déplacement de ce chariot, il suffit de faire agir lacharge sur le levier à bascule V. Les constructeurs y sont parvenus d’unemanière fort simple et bien rationnelle :
Ayant donné à ce levier la forme d’une fourche à deux branches dou-blement courbées, comme l’indique la fig. 2, ils le suspendent aux bras dela grue, au moyen d’un axe en fer n qui les traverse à leur extrémité, puisà quelque distance de cet axe ils ont placé entre les deux mêmes branchesune poulie à gorge Y' sur laquelle ils font passer la chaîne qui porte lacharge (fig. 1). Il en résulte que plus le poids de celle-ci est considérable,plus cette poulie est pressée, par conséquent plus le levier à fourche tendà descendre, et par suite plus le contrepoids R s’avance vers la gauche del’appareil.
Cette disposition qui est, comme on le voit, d’une grande simplicité,peut s’appliquer sans difficulté à toutes les grues mobiles à double bec,pouvant recevoir un chariot à leur partie supérieure; elle est tout à faitindépendante du système dynamométrique qu’il n’embarrasse en aucunemanière. H est inutile de remarquer que dès que la charge est retirée, lelevier est libre, le contrepoids mobile roule sur son plan incliné pour serendre immédiatement vers l’extrémité de droite de l’appareil, et pour l’ar-rêter au point convenable, on a eu le soin de recourber légèrement le boutdes deux règles S.
Mécanisme dynamométiîiqde. — Le mécanisme combiné par MM. Las-seron et Legrand pour déterminer le poids des charges enlevées par lagrue est aussi fort simple, et d’autant plus curieux qu’il ne change en rienla construction de l’appareil; ce n’est qu’une addition que l’on peut appli-quer, pour ainsi dire, à tous les systèmes de grues.
Ce mécanisme consiste en un grand balancier en fer forgé X, traversécomme une romaine, par un axe aciéré o, que l’on a eu le soin de taillerpar avance, en forme de couteau, afin de le faire porter seulement par unearête vive sur les deux coussinets d’acier qui sont ajustés sur deux tra-verses en fer p, boulonnées à l’intérieur des flasques de la grue. Cettedisposition est rendue intelligible par la fig. 8, qui représente une sectionverticale faite suivant la ligne 5-6 de la fig. 1, et par la fig. 9, qui donne,en élévation et en plan, les détails d’un coussinet et d’une traverse.
Le balancier est divisé par l’axe o en deux parties très différentes pourformer deux bras inégaux dont le plus court doit porter la charge, et le