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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Les principaux constructeurs, qui s’occupent en France d’une manièrespéciale, de la confection des machines propres à la filature de la laine, sontM. Willeminot, qui est peut-être le mécanicien, à qui Ton doit le plus d’a-méliorations dans ces sortes d’appareils, et qui en a toujours un grandnombre en construction ; M. Bruneau de Réthel , dont on a pu examineravec beaucoup d’intérêtà l’exposition, le bel assortiment de métiers qu’ily avait envoyés ; MM. A. Kœchlin et C e , de Mulhouse , qui s’occupent dela construction de tant d’espèces de machines ; l’ancienne maison Collier ,de Paris , qui, malgré la perte de son habile et ingénieux fondateur, a con-tinué la construction ; MM. Pihet et C e , à Paris , qui exécutent égalementles métiers pour la filature de coton. Nous devons encore citer d’une ma-nière particulière M. Le Brasseur fils, de Paris , qui a dignement succédé àson père; M. Migeon, de Rheims, dont nous aurons occasion de parlerdans cette description, etc.
Malgré toute notre bonne volonté, tout le désir que nous avions de dé-crire les machines relatives à cette industrie, suivant l’ordre môme desopérations, il ne nous a pas été possible de le faire. Et comme nous nousétions engagés depuis longtemps à cette publication, nous avons cru nepas devoir tarder davantage ; pensant d’ailleurs que, dans un recueil pé-riodique, ce n’est pas une obligation expresse de placer les machines parcatégorie; les personnes qui font collection peuvent toujours former leclassement qu’elles désirent à la fin des volumes.
Le bobinoir, ou bobinier, que nous allons essayer de décrire, est le der-nier métier de préparation que l’on emploie, avant le mull Jenny, dansla filature de la laine peignée. 11 est aussi l’un des plus intéressants, desplus curieux et des plus indispensables dans un établissement bien orga-nisé ; ils doivent être d’autant plus multipliés que l’on doit faire plus d’é-tirages, c’est-à-dire que l’on veut obtenir des numéros plus fins.
Pour en mieux faire comprendre l’importance, il n’est peut-être pasinutile de résumer en quelques lignes les opérations nécessaires que l’onfait subir à la laine depuis le peignage jusqu’à la filature.
La première machine que l’on emploie, après le peignage et les pre-miers dégraissages de la laine, est la réunisseuse , qui a pour objet de réunirhuit rubans simples ou quatre rubans doubles, venant de la peigneuse (1 ),et placés derrière le métier, en un seul qui forme sur le devant une grossebobine. On divise ensuite celle-ci en pelottes ou échevettes, de 12 à 15mètres de longueur, que l’on dégraisse pour la troisième fois, au moyend’un appareil très-simple, que nous ferons également connaître. Après cenouveau dégraissage, ces échevettes sont séchées, soit à l’air libre, soitdans un séchoir à air chaud, puis envoyées aux machines dites de prépa-ration, où elles subissent des étirages successifs.
(1) On estime qu’une peigneuse mécanique, comme celle que nous avons publiée, tome m e , peutsuffire pour alimenter 300 broches de filature. Ainsi chez M>I. Risler et Sclnvartz, six peigncusesalimentent 5000 broches.