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Il y a près d’un siècle que le savant Euler , après avoir décrit dansl’un de ses mémoires à l’Académie royale de Berlin (1750) la roue àréaction imaginée par Ségner (I), exposa une théorie fort étendue sur lesroues hydrauliques à axe vertical. Dans les recherches qu’il fit à ce sujet(1754), il suppose d’abord un vase cylindrique au fond duquel sont adaptésdes tubes coudés horizontalement par lesquels l’eau s’échappe, et en-fermés dans un tambour creux fixé par des bras à l’axe de rotation. Au-dessus de ce tambour mobile est un réservoir cylindrique fixe, qui porte,à sa partie inférieure, plusieurs canaux par lesquels l’eau est conduitedans les tubes sous une obliquité déterminée. Il arrive ensuite, par le cal-cul, à conclure qu’au lieu de canaux séparés, il faut employer des canauxcontigus , qui ne soient séparés que par de minces diaphragmes, de ma-
(1) La machine hydraulique de Ségner, décrite par Euler , en 1750 {Académie des Sciences et Belles-Lettres de Berlin ), se compose d’un cylindre vertical tournant librement sur son axe. Un peu au-dessus de la base inférieure de ce cylindre sont percées des ouvertures équidistantes, munies detubes cylindriques horizontaux dirigés vers le centre, et dont l’extrémité intérieure ouverte affleurele corps du cylindre vertical, tandis que l’extrémité extérieure est fermée ; mais chacun d’eux porteune ouverture à la paroi latérale, et fort près de celle extrémité. Par ces ouvertures, toutes dirigéesdans le même sens, l’eau, placée à l’intérieur du cylindre, et maintenue à un niveau constant,s'écoule, et sa force de réaction imprime à la machine un mouvement qui la fait tourner sur Taxevertical.
Une machine analogue a été imaginée par le docteur Barker, antérieurement à cette époque, et aété publiée, en 1744, dans le tom. n de la Physique expérimentale de Désagulier.
Ce genre de Turbine , perfeclionné plus tard, vers 1816, par M. Manoury d'Ectot, a été proposé denouveau, il y a peu d’années, par MM. Withelaw et Ce, et appliqué, soit par ces constructeurs, soitpar d’autres, dans plusieurs usines (i« vol., 1841, Journal des usines de M. Violet). M. Doblcr,manufacturier de Lyon , en a monté une chez lui, et nous a dit en avoir obtenu de bons résultats,après toutefois avoir modifié la disposition des tubes.
On sait que ce système n’est autre que celui à vapeur proposé par Héron d’Alexandrie, 120 ansavant J.-C., et que plusieurs inventeurs ont présenté comme nouveaux systèmes de machines à va-peur à rotation immédiate (Pub. ind., ne yol.).