PUBLICATION INDUSTRIELLE. 199
suspension supérieur à l’engrenage de transmission ; coulée en fonte d’un seul jetde la roue mobile et du vannage.
« A quoi on peut ajouter la parfaite réussite des fontes, l’excellent ajustage dumécanisme et la bonne qualité dans le détail et l’ensemble des appareils.
« Le type dominant du système Fontaine, la donnée essentielle qui distingue cetappareil de ceux du système Poncelet, précédemment connus sous les noms Four-neyron, Passot, Olivier et autres constructeurs, sont dans les dispositions des au-bages et le mode d’écoulement de l’eau.
« Dans la Turbine-Fourneyron, l’eau est conduite, dans le sens horizontal del’intérieur à l’extérieur, par des palettes courbes fixes, dans des palettes courbesmobiles, dirigées en sens contraire et situées circulairement les unes à la suite desautres , de sorte que l’eau qui sort des premières avec une vitesse due à la hauteurde la chute reçoit un accroissement de vitesse par la quantité d’action que déve-loppe la force centrifuge , depuis le point d’entrée de l’eau dans l’aube mobile jus-qu’au point de sortie de cette même aube.
« Dans la Turbine-Fontaine, ce sont encore des aubages courbes fixes qui con-duisent l’eau dans d’autres aubages courbes mobiles, ou, en d’autres termes, unvannage donnant l’eau à une roue ; les aubes sont aussi dirigées en sens contraire >mais elles sont placées verticalement les unes au-dessus des autres, sur le pourtourd’un anneau de vannage recouvrant la roue, de sorte que le très-faible accroisse-ment de vitesse acquis par l’eau depuis son entrée dans l'aube mobile jusqu’à sonpoint de sortie, n’est plus dû seulement au travail mécanique développé par la forcecentrifuge, mais résulte bien aussi de celui produit par la gravité.
« Chaque aubage de vannage porte sa vanne mobile qui, levée ou baissée, règlela dépense et détermine le travail.
» Un avantage incontestable d’établissement dû au système Fontaine, c’est laplace, tout à fait hors de l’eau, du pivot de la roue Un arbre vertical est attachésolidement au sol, et c’est sur le point supérieur de cette colonne fixe qu’emboîtel’arbre creux et mobile de la roue suspendue comme l’anille d’une meule de moulin,que s’opère la rotation ; les réparations, la visite et le graissage deviennent alors fa-ciles, de très-compliqués qu’ils étaient auparavant avec un pivot inférieur submergé.
« L’effet utile de la Turbine a été trouvé, par des expériences spéciales faitesen 1843 (1), à l’établissement de Vadenay, près de Châlons-sur-Marne , de 68 à 71pour 0/0, c’est-à-dire égal, si ce n’est même supérieur, à celui des meilleures Tur-bines connues.
« Une légère incertitude même sur le coëfficient qui convient à la dépense d’eaudans les circonstances de l’épreuve, s’élèverait dans le sens le plus favorable (c’étaitl’avis originairement d’un habile professeur de Châlons ) (2), jusqu’à 70 pour 0/0.
« Le jury, en considération de l’excellent système et de la parfaite confection desTurbines-Fontaine, admet la turbine présentée, laquelle , exécutée de grandeur na-turelle, offre, pour une chute de l m ,40, et un volume de 1400 litres, une force no-minale de 18 chevaux.
« Il recommande particulièrement l’auteur de cette invention utile à toute l’atten-tion du jury central et du gouvernement, dans la juste distribution des récompensespromises aux progrès industriels. »
(I ) Ces expériences, que nous rapportons plus loin, ont été faites par MM. Alcan et (Jrouvelle.
(2j M. Taffe, professeur de mécanique.