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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
siphon sur ces cuves et transvaser le dépôt dans des petits tonneaux déi'oncés d’unBout, de la contenance de 220 litres ; iis mettent dans chaque tonneau environ untiers de fécule, les deux tiers restant sont nécessaires pour contenir autant d’eaufraîche et claire pour le blanchiment, qui, comme on va le voir, se fait à la main.— Aussitôt que quelques cuves sont vides on peut recommencer le travail des ma-chines , qui se continue comme la veille sans interruption. — Pendant ce temps,quatre ou six ouvriers sont occupés à opérer le travail des blancs. Après avoir rem-pli d’eau claire un des tonneaux qui contiennent la fécule, on mêle en agitant circu-lairement avec une pelle étroite et longue la fécule et l’eau : quand tout le dépôts’est mêlé à l’eau de manière à ne former qu’une eau trouble et épaisse, on prendun tonneau semblable mais vide; on place un petit tamis à main ordinaire sur ce ton-neau, on prend avec un seau le contenu du premier tonneau, on le verse sur cepetit tamis qui est garni d’une toile en crin dite de Venise . Le liquide passe facile-ment en agitant avec la main. — Il y a des petits tamis qui sont munis d’un agita-teur intérieur, ce qui évite de mettre les mains dans l’eau. Tout le contenu du pre-mier tonneau étant transvasé, on le laisse déposer de nouveau , et après le tempsnécessaire on siphone l’eau; on en introduit de nouvelle, on démêle , puis avec untamis en soie plus lin que le précédent, on refait la même opération. — Après le dé-pôt on siphone de nouveau, et on trouve la fécule blanchie prête à être livrée auséchage.
Séchage de i.a fécule. — Pour monter la fécule au haloir, on la met dans desbachots contenant environ 50 kilog. chaque, et percés de petits trous d’un centimètredans toutes leurs parties, afin de permettre à l’eau de s’égoutter. Pour que la féculeelle-même ne sorte pas, on a étendu deux carrés de toile dans l’intérieur du ba-chot, on laisse ces bachots s’égoutter quelques heures au-dessus des tonneaux, aprèsquoi on les monte au haloir. Après avoir mis le bachot sens dessus dessous, etl’avoir enlevé, le pain de fécule reste entier; mais il se divise facilement à la main enautant de morceaux que l’on veut (ordinairement en huit). — On prend ces mor-ceaux et on les place à terre sur une aire en plâtre pur préparée à cet effet, laquelleabsorbe une bonne partie de l’eau de la fécule. — 24 heures après on la place surles haloirs à air fermés en étagère au moyen de tringles en bois, de manière àlaisser autant que possible toutes les parties du pain à l’air; en sortant de ces éta-gères, on la brise, soit avec la main, soit avec un rouleau en bois sur le plancher;puis on la met à l’étuve.
Cette étuve est une grande chambre chauffée à 65 ou 70 degrés par un calori-fère (1). Elle est garnie d’étagères comme le haloir, mais en planches ou entoilesclouées sur des châssis ( au lieu de tringles, la fécule étant déjà en farine ). — Cettechambre est longue et étroite, elle se fait ordinairement double, et dans le mur deséparation se trouve le conduit qui amène la chaleur du calorifère. Dans le plafondsont pratiquées deux ou trois ouvertures qui donnent dans un conduit commun,lequel redescend jusqu’au sol même de l’étuve : de plus, du côté opposé au conduitde chaleur et à fleur du sol, sont pratiquées d’autres ouvertures donnant dans destuyaux qui s’élèvent jusqu’au dessus du toit extérieurement; ces cheminées d’appelet ventouses sont nécessaires à l’échappement de la vapeur produite par l’eau encoreabondante que contient la fécule.
(I) Nous espérons pouvoir faire connaître prochainement le système de calorifère appliqué auxféeulerics, par M. Grouvcllc, ingénieur de mérite, qui s’est beaucoup occupé de chauffage.