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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
pour les grandes filtrations et pour celles où l’on doit épurer les eauxinfectes et corrompues (1).
6° Une couche de grès ou de sable fin , comme la troisième, surmontantle charbon pour le retenir et l’empêcher de s’élever;
7° Une couche de sable plus gros que le précédent;
8° Une couche de gros sable comme celui du fond ;
9° Enfin un plateau percé de trous, pour éviter que la chute de l’eau nedérange les matières filtrantes.
Un filtre de 1 mètre carré de section , composé suivant cette méthode,peut aisément filtrer, d’après M. Ducommun, 4,000 voies d’eau par vingt-quatre heures, ce qui correspond à plus de 1,000 hectolitres, soit par heure450 à 460 litres.
Pour prolonger la durée du filtre, en retardant l’obstruction de ses pores,on garnit d’éponges le plateau supérieur, en les plaçant dans les ouver-tures ménagées pour le passage de l’eau, ou des boîtes en faïence qui lescontiennent.
Pour souder ou luter les parties des fontaines domestiques en grès ouen pierre, M. Ducommun recommande d’employer un mastic composé de:
0,30 de bitume de Judée.
0,20 de colophane.
0,10 de cire.
0,40 de ciment.
On fait chauffer le tout, pour enlever entièrement l’humidité, et on couleen tablettes. Ce mastic, dit l’auteur, s’étend bien sous le fer chaud, adhèreparfaitement aux parois de grès, de pierre, de marbre, d’ardoise, et ne sedétériore pas à l’eau comme le mastic composé de suif, de colophane etde ciment (2).
En 1806, M. Alexandre, de Bordeaux,prit un brevet de dix ans pour unappareil à filtrer et à clarifier les eaux , auquel il a donné le nom de filtrebordelais. La base de son procédé est la capillarité, et la matière filtranteest le coton disposé en mèches plates. Ainsi l’auteur forme quatre caissesen ferblanc de O 1 * 3 ",45 de long, 0 m ,08 de large et 0“,04 de hauteur, qu’ilplace en échelons les unes sur les autres, et garnies chacune de morceauxde toile de coton pliés en huit, posés les uns à côté des autres en formede syphon, pour transvaser l’eau d’une caisse dans l’autre.
L’eau arrivant toute vaseuse dans la caisse supérieure,, s’élève, par lacapillarité du coton , en abandonnant sa vase sur la colonne ascensionnellede chaque mèche ; elle descend, et tombe goutte à goutte dans la seconde
(I) Il est à remarquer que Peau passe plus vite dans le filtre épais à gros grain, que dans celui de
charbon fin dont la couche est mince.
(3) Voyez le tom. xii des brevets expirés , pag. 8.