PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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cette première compagnie a été pendant longtemps la seule qui livrât deseaux filtrées pour les usages domestiques; et cependant, dans des localitéscomme à Paris , où la Seine reçoit toutes les immondices, toutes les bouesdes rues, il était nécessaire, peut-être plus que partout ailleurs, de bienépurer l’eau avant de la livrer au public; mais ce n’est pas toujours aucentre des lumières que naissent les perfectionnements les plus utiles.Lorsqu’on pense que l’ignoble établissement de la Pompe Notre-Dame existe encore, à notre époque, au milieu de la capitale, on se demande « oùsont donc les progrès? » Il est vrai que depuis quelques années on aappliqué à cet établissement un système de filtrage, d’après les procédés deM. Souchon, et qui permet d’avoir au moins des eaux meilleures et pluspropres.
Quelques années après l’expiration du brevet de MM. Smith et Cuchet(en 1811), M. Ducommun, qui est certainement aujourd’hui l’un desindustriels qui se sont le plus occupés des appareils de filtrage, prit unbrevet de dix ans pour des perfectionnements qu’il apporta aux procédésdes inventeurs. Ce brevet, qui est décrit avec beaucoup de soin et unelucidité parfaite, établit d’une manière fort claire les moyens de filtration àbase de charbon.
Les modifications consistent : 1° à remplacer les deux tuyaux de plombmentionnés plus haut par un seul tube, qui ne descend pas plus bas que lacloison horizontale de séparation, appelée panache; les tubes sont ménagésdans l’épaisseur même de la poterie dont la fontaine est composée ; 2° àsubstituer au plateau de métal un plateau en ardoise, et aux champignonsde plomb des boîtes en fayence ; 3“ à fabriquer la panache, la cloche et l’en-tonnoir en grès, de même nature que la fontaine, au lieu de les faire enterre poreuse de Paris , qui est sujette à communiquer un mauvais goût àl’eau; 4° à faire les tonneaux-filtres en bois blanc, au lieu de les faire enchêne, qui a l’inconvénient d’infecter l’eau en vingt-quatre heures, et enfinà proscrire également le plomb.
Voici en résumé, suivant cet habile fabricant, la composition du filtre,en commençant par les couches inférieures :
f° Un fond solide, percé de trous, et destiné à porter le filtre ;
2° Une couche de gros sable, qui ne puisse passer à travers les trous ;
3° Une seconde couche de sable moyen, qui ne puisse passer entre lesgrains de la couche précédente ;
4° Une troisième de sable fin ou de grès pilé, qui ne puisse égalementpasser entre les grains du sable moyen ;
5° Une quatrième de charbon concassé; s’il est fin, il suffit de lui donner5 à 6 mill. d’épaisseur; dans ce cas, le filtre est propre aux eaux de rivière,qui sont peu infectes, et qui n’ont besoin que d’être peu clarifiées ; s’il estgros, l’épaisseur de la couche peut aller jusqu’à 30 cent., ce qui convient
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IV.