PUBLICATION INDUSTRIELLE.
269
M. Lambert, en firent établir chez eux, n’osèrent pas continuer à lesfaire fonctionner, parce qu'ils étaient menacés par leurs garçons qui crai-gnaient de manquer d’ouvrage. Cependant de nouveaux essais furent tentésquinze à seize ans plus tard, et une boulangerie mécanique s’éleva à Bercy,vers 1828, laquelle contenait plusieurs pétrins analogues à ceux de M. Lam-bert, marchant par une machine à vapeur et donnant des produits de bonnequalité.
En 1829, les frères Gui imaginèrent un pétrin mécanique composé d’uncoffre demi-cylindrique fixe, renfermant un arbre de couche mobile de0”22 de diamètre, placé très-près du fond, mais de manière à en régler ladistance à volonté. Une planche ou cloison verticale était fixée au-dessusde l’arbre et sur toute sa longueur, de sorte qu’elle divisait ainsi le pétrinen deux capacités égales, qui n’avaient de communication entre elles quepar le petit espace laissé vide sous l’axe. Les auteurs avaient remarqué quela pâte grippe sur les surfaces qui la pressent, et que, par conséquent, entournant l'arbre, la pâte est pressée sur le fond et entraînée d’un côté dupétrin, dans l'autre; la cloison l’empêche d’y rentrer par dessus l’arbre (1).MM. Gui prirent en 1829 et 1830 plusieurs brevets d’invention et d’additionpour leur système.
Le tome 29 du Bulletin de la Société d’Encouragement donne la des-cription d’un pétrisseur de MM. Cavalier frères, qui a la plus grande ana-logie avec le précédent; il consiste, aussi, en effet, en une caisse fixe ren-fermant un cylindre de 0 m 25 de diamètre, auquel on imprime un mouve-ment de rotation. Ce cylindre est surmonté d’une espèce de râcle verticale,qui sépare le coffre en deux parties, et que l’on soulève avec le cylindre dela quantité qu’on désire au moyen de leviers à bascule.
L’année 1829 a été productive en pétrins mécaniques; nous avonscompté au moins dix brevets délivrés pour ce sujet dans cette seule année.Le premier, (du 15 avril), à M. Maugeret, et appelé par lui pétrin à vis d’Ar chimède , se compose d’un arbre cylindrique en fer armé de palettes, qui ysont implantées comme des rayons et distribuées de manière à former unehélice; cet axe est animé d’un mouvement de rotation continu, et ses pa-lettes en tournant avec lui divisent et mélangent la pâte qui est contenueclans la caisse du pétrin (2).
Le second brevet a été pris par M. Selligue, le 2juin 1829. Son système,qu’il nomme pétrin mécanique à force compensée, est assez original ; il con-siste en deux caisses cylindriques, formant deux pétrins séparés, ferméschacun par un couvercle, et recevant un mouvement de balancement oucirculaire alternatif, non pas autour de la ligne d’axe, mais autour de tou-rillons placés sur les côtés latéraux opposés; ce mouvement leur est im-primé par des secteurs dentés qui engrènent comme des roues droites. Au
(4) T. 50 des Brev. expirés. Voyez encore le Dictionnaire technologique, t. XVI, p. 97 (1829).
(2) Ce brevet demandé pour 45 ansaété annulé le 27 décembre 4835, et publié dans le t. XXVII,des Brevets expirés.