PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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de prendre ses précautions pour établir les distributeurs, de manière qu’ilssoient parfaitement de niveau, et de régler à l’avance toutes les petitesouvertures, pour qu’elles versent toutes d’une égale quantité.
« Quel que soit le soin pris pour régler l’écoulement des distributeurs, ilserait toujours nécessaire de passer, de temps en temps, un balai ou unebrosse de crin sur les premiers tuyaux du condenseur, afin de les mouillerégalement, et que le jus ne s’y trace pas des chemins : ces premiers tuyaux,bien garnis de jus, déterminent la marche des tuyaux inférieurs. L’ouvrierchargé de la surveillance du système mécanique est également chargé desurveiller la marche du condenseur, et de répartir les jus sur toute la sur-face. C’est principalement en commençant qu’il est utile de mouiller toutesles surfaces de jus, afin de leur faire tapisser la totalité des tuyaux.
« 11 faut éviter de laisser tomber aucun corps gras sur les tuyaux du con-denseur, car la présence de ce corps gras empêcherait le jus de s’étendreconvenablement sur ces tuyaux. »
DU NETTOYAGE DU CONDENSEUR ET DE LA CHAUDIÈRE.
« Il pourra arriver que, suivant la nature du terrain qui aura produit lacanne, et suivant le traitement des jus par la chaux, ces jus contiennentune assez grande quantité de sels calcaires, qui, par suite de l’évaporation,sont susceptibles de former des dépôts sur les tuyaux du condenseur.Quoique la formation de ces dépôts soit peu probable, d’après ce que nousconnaissons de la composition du jus de canne, et surtout d’après l’emploidu charbon animal à grandes doses, que nous conseillons, nous croyonstoutefois devoir indiquer le moyen de se débarrasser de ces dépôts, s’ilsvenaient à se former. On doit d’abord tâcher d’en détacher la plus grandepartie possible, au moyen d’une friction avec une brosse dure; et, pour lapartie qui résistera à la brosse, on pourra avoir recours à l’emploi des eauxacidulées. En France , les fabricants de sucre de betterave, qui ont desdépôts abondants, emploient l’acide hydrochlorique, qu’ils étendent à deuxdegrés, et qu’ils font arriver dans le réservoir G', pour le distribuer, parles gouttières N 2 , à la manière du jus; pendant que cette eau aciduléecoule, ils frottent rudement les tubes avec la brosse, et cette action com-binée de la brosse et de l’acide les débarrasse promptement de tous lesdépôts.
« Pour les colonies, nous ne croyons pas devoir indiquer l’emploi de cetacide : il demande trop de précautions dans son transport, et par là devienttrop cher à employer; nous croyons qu'il sera plus convenable d’employerles eaux provenant du lavage de la sucrerie, qui s’aigrissent avec la plusgrande facilité. Les vinasses de rhumeries sont encore très-commodes pourcet objet. Dans toutes les localités où if n’y aurait pas de rhumeries, onpourrait se procurer des eaux aigres en lessivant une certaine quantité debagasse, et en laissant passer les eaux de lavage à la fermentation acide.Les eaux qui ne contiennent que du vinaigre conviennent bien mieux