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Tome quatrième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

dans une chaudière rectangulaire placée sur un petit fourneau que lonchauffe au degré convenable avec de la houille. On jette dans ce bain lemandrin en fer fileté qui doit servir à former les filets de vis intérieurs, afinquil y acquière le même degré de température environ que le liquide. Cemandrin est fait en trois parties, afin de pouvoir se démonter aisément,sans être dans lobligation de le dévisser. Louvrier place le tuyau vertica-lement en le maintenant par un collier en fer contre un établi ; puis il yajuste un petit couvercle en fer plat, comme la soupape dun tuyau depoêle en le faisant entrer à une certaine profondeur, et le recouvre de sable.Il place alors le mandrin dans le dessus, de manière quil se trouve leplus exactement possible au centre, et pour cela il na que lœil et la grandehabitude pour le guider. Comme ce mandrin est dun diamètre plus petitque lintérieur du tuyau, on conçoit quon coule de la matière autour dumandrin dans lespace vide qu'il laisse entre lui et le tuyau ; de sorte quelorsquelle est refroidie, elle forme nécessairement lépaisseur de métal aveclempreinte des filets de vis. Comme la matière se tasse toujours un peu,il faut avoir le soin den couler plusieurs fois de manière à venir exactementcontre le bord du tuyau ; on obtient ainsi des filets devis très-exacts et très-lisses. Pour les filets de vis extérieurs, on a des bagues filetées intérieure-ment que lon met autour du bout du tuyau, en les maintenant en dessouspar de la terre glaise, pour éviter que la matière que lon coule entre labague et le tuyau ne puisse séchapper.

La précision est tellement grande, entre les rondelles filetées et les man-drins, que lorsquon veut assembler deux tuyaux quelconques de mêmediamètre, on est toujours certain de pouvoir les visser lun sur lautre.

Avant que les tuyaux soient recouverts de bitume, on a le soin de lesessayer à la presse. A cet effet on place le tuyau à éprouver horizontale-ment, en le maintenant entre deux poupées de bois ; on fait arriver leaupar une extrémité, à laide dune pompe ordinaire, afin que le tuyau soitplus tôt plein ; du bout opposé on a placé dans le joint qui est simplementfermé par un cuir, un coin en fer qui laisse un peu de jour, pour quonsache reconnaître le moment le tuyau est plein; aussitôt quil est rempli,on retire ce coin, et à laide d'une vis de rappel on serre le plateaucontre le bout du tuyau pour fermer le joint avec plus dexactitude. Onfait alors pénétrer leau dans le tuyau, au moyen dune pompe de com-pression munie dune soupape qui mesure le degré de pression auquel ildoit résister, cest-à-dire 12 à 15 atmosphères.

Pour cette intéressante et utile fabrication, M. Chameroy occupe dansson usine de la Chapelle-Saint-Denis, habituellement 87 ouvriers, et peutfabriquer, comme nous l'avons dit, 125,000 mètres de longueur de tuyauxde toutes dimensions par année. Il en fait depuis 8 centimètres de diamètrejusquà 40 centimètres et plus. Lacadémie royale des sciences a décerné àcet habile et ingénieux fabricant un prix de 2,500 fr. dans sa dernière séancegénérale.