Band 
Tome quatrième.
Seite
373
JPEG-Download
 

PUBLICATION INDUSTRIELLE.

373

lignes, donnant plutôt la légende des pièces principales, telles que le cy-lindre à vapeur, le piston , la tige, le marteau et le tiroir avec sa tringle.Dun autre côté les dessins, qui représentent deux vues de lappareil,montrant le marteau formé dun prisme de fonte attaché directement parune forte tige au piston, renfermé dans un cylindre à simple effet, ne dé-montrent pas que cet appareil peut réellement fonctionner dune manièremanufacturière. En effet le tiroir, qui est exactement disposé, ainsi que lecylindre à vapeur, comme dans les machines à percer de M. Cavé, est atta-ché au bout dune tringle terminée par une poignée, et doit simplementêtre manœuvré à la main ; la forte tige qui réunit le piston au marteau estdentelée en forme de crémaillère, afin quon puisse y engager des men-tonnets, que lon manœuvre aussi à la main ou au pied, pour arrêter lemarteau à la hauteur quon juge nécessaire. De telles dispositions, quiétaient suffisantes pour une machine à percer, ne peuvent être convenablespour un marteau à forger le fer, qui doit nécessairement fonctionner dunemanière continue.

Il est évident que cet appareil, tel qu'il est représenté et décrit dans lebrevet que nous venons de citer, ne pouvait être.accepté en pratique.Aussi MM. Schneider, avec leur habile ingénieur, M. Bourdon, ne tardè-rent pas à modifier considérablement la construction de ce marteau, pouren faire une très-bonne machine-outil; mais, à notre grand regret, nousnavons vu mentionnées aucune des importantes améliorations quils y ontapportées (1). Or, suivant nous, cétait surtout ce perfectionnement quilfallait faire breveter, plutôt que le principe de la machine; car, en présencedes faits que nous avons cités plus haut, il est évident que lon doit re-connnaître aujourd'hui que lidée seule dun marteau vertical à vapeur nepeut être brevetable en 1841, puisque cette idée a été émise antérieurement.

Si, avant cette époque, personne navait déjà fait connaître ce principedétablir un marteau-pilon pouvant marcher directement par laction dunpiston renfermé dans un cylindre à vapeur, nous comprendrions que laspécification et les dessins qui accompagnent le brevet de MM. Schneiderpussent paraître, jusquà un certain point, suffisants pour établir le brevet;mais, comme il nen est pas ainsi, il fallait nécessairement que ce brevetou des brevets daddition expliquassent les modifications, les parties essen-tielles qui font aujourdhui toute la réussite de la machine. Cest donc avecbeaucoup de peine que nous avons appris que ces constructeurs ne sétaientpas fait breveter pour leurs perfectionnements, qui seuls, suivant nous,constituent leur véritable invention.

M. Nasmyth, qui sest également occupé de cette question, en Angle-terre, vers la même époque que M. Bourdon en France , prit aussi un

(1) Nous avons fait toutes les recherches nécessaires pour savoir si MM. Schneider avaient prisdes certificats daddition et de perfectionnement à leur brevet primitif, ou des brevets nouveaux pourles importantes améliorations quils ont apportées à leur premier système, et nous navons rientrouvé à cet égard.