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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
brevet d’importation de dix ans dans notre pays, mais seulement en 1843.Cependant, on sait bien qu’il avait eu l’idée d’employer le marteau-verticalantérieurement, car on en trouve des descriptions et des tracés dans despublications anglaises faites en 1842, et dans des publications françaisesfaites peu de temps après. Toutefois, nous devons le dire, d’après les pu-blications on remarque que les appareils proposés par l’auteur sont bienloin de présenter les degrés de perfection qu’il n’a pas tardé à y apporter.Nous avons pu, en effet, nous convaincre par nous-même, en visitant der-nièrement l'établissement de MM. Nasmyth et Gaskell , à Patricroft, desdifférents essais que les constructeurs ont dû faire avant d’atteindre lesrésultats remarquables qu’ils obtiennent aujourd’hui.
Aussi leur brevet ne consiste pas dans le principe proprement dit dumarteau-vertical, mais bien dans les moyens d'exécution qu’ils ont eu lesoin de décrire avec détails ; moyens qui permettent de faire marcher lemarteau seul, de régler sa chute et sa puissance à volonté. Ce sont cesmoyens que nous avons trouvés si ingénieux, et qui font que cet appareilest vraiment un outil manufacturier, capable de rendre les plus grandsservices dans les forges, dans les ateliers de construction.
Nous ne serions pas évidemment de l’avis de l’un des abonnés du Mecha-nics’ Magazine (1), qui trouve que le marteau à vapeur décrit en 1806 parM. Deverell, est tout à fait identique à celui pour lequel M. Nasmyth a prisune patente nouvellement, et que, par conséquent, il doit être dans ledomaine public. Comme nous l’avons dit, il y a souvent une très-grandedistance entre l’idée première d’une invention et les moyens perfectionnésqui permettent de réaliser cette invention. Les principes ont été posés parM. Deverell, d’abord; puis, par M. Cavé, et, plus tard, les perfectionne-ments ont été apportés par MM. Schneider et par M. Nasmyth. Ce derniera eu le soin de se faire breveter pour ces perfectionnements, qui sont tropremarquables, et trop au-dessus de ce qui a été fait antérieurement, pourqu’ils ne soient pas brevetables ; on ne peut donc lui revendiquer son privi-lège. Tandis que MM. Schneider n’ont pris qu’un brevet de principe, aulieu de s’attacher à leurs perfectionnements, qui seuls étaient brevetables,car ces perfectionnements sont aussi très-remarquables, et rendent leurmachine tout à fait pratique, manufacturière.
Nous avons aussi vu, à Bolton, dans les ateliers de MM. Hick etC e , unmouton vertical, qui ne marche pas, il est vrai, par un cylindre à vapeurdirect, mais dont on modère l’action à volonté par un système d’enclique-tage semblable à celui de M. Dobo.
(O dernier numéro du Méchantes' Magazine (2 août 1845) publie la copie de la spécificationde la patente de M. Deverell, avec une lettre d’un lecteur à ce journal, par laquelle il déclare quecet inventeur a décrit un marteau à vapeur exactement semblable à celui de M. Na>myth, que M. De-verell semble avoir compris l’importance de ce mode d’action et prévu les applications subséquentes,et qu’aiusi il laisse aujourd’hui dans le domaine pubiic la fabrication, la vente et i’usage de ces im-portantes machines.