PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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chines préparatoires. La première de ces machines, au moyen de laquelleles traits, cordons ou rubans de laine sont ouverts, se nomme défeutreur ,parce qu'effectivement elle défeutre la laine. Viennent ensuite les autresmachines, telles que réduits, réunions, bobinoirs , etc. (1). On calcule lespassages et les étirages de manière à arriver progressivement à la dernièremachine, avec un numéro déterminé à l’avance, suivant celui que l’onveut obtenir des métiers à filer.
Ces métiers étirent de 10 à 14 et quelquefois même davantage. Ainsi,lorsqu’on veut avoir, par exemple, un fil du n° 90 (mille mètres au kilog.)il faut que les préparations soient faites au n° 9, pour un étirage à 10 aumétier à filer, ou au n°6,43 pour un étirage à 14.
Pour arriver à bien expliquer le système de M. Crétenier nous pren-drons pour base des calculs qui vont suivre, la préparation à 9, l’étirageà 10, et par conséquent la filature à 90. Les machines préparatoires étirentordinairement de 2,50 à 5, suivant la longueur des brins ou filaments. 11en est même qui étirent jusqu’à 6 et 7. Les doublages se font par 2,3,4mèches ou rubans derrière, rarement 5, excepté dans les premières ma-chines qui réunissent jusqu’à 10 rubans, et plus, en un seul, sur le devant,par chaque rouleau d’appel.
Par ses procédés, M. Crétenier obtient, avec les mêmes machines pré-paratoires, presque le double en produits, ce qui se comprendra sans peine,puisque, devant surfiler, il doit faire sa préparation de moitié à deux tiersplus grosse, suivant qu’il double ou non les mèches derrière les métierssurfileurs, quand il ne les réunit pas au dernier bobinoir.
Ainsi, au lieu de deux bobinoirs finisseurs, chacun de 30 cannelles,pour alimenter 2,500 à 3,000 broches, M. Crétenier peut, avec un seul,alimenter le môme nombre de broches; mais, au sortir de ce bobinoir, ilfaut nécessairement que les préparations passent à des métiers intermé-diaires, dits métiers surfileurs.
Au lieu d’être à 9, comme ci-dessus, la préparation est, par exemple,deux fois plus grosse; par conséquent à 3 il faut étirer de 30 pour avoirdu 90, tant aux métiers surfileurs qu’aux métiers en fin : en étirantd’abord de 4 aux premiers métiers, en supposant la mèche de derrièresimple (car on la double ordinairement, soit au dernier bobinoir, soit enmettant deux mèches par broche derrière les métiers en surfil), on aura len° 12, qui, étiré aux métiers finisseurs de 7 1/2 en 7,50, donnera le n° 90,qui est bien le taux demandé.
Comme nous venons de le dire, M. Crétenier double souvent les mèchesaux métiers surfileurs ou préalablement aux bobinoirs finisseurs, et par-fois aux métiers en fin. Ainsi doublé, le n° 3 primitif ne fait plus que 1,50.Si on l’étire de 6 aux métiers surfileurs on aura donc le n" 9, qui, étirélui-même aux métiers finisseurs de 10, donnera le n° 90. Mais si on veut
(I) Yoy. les dessins et descriptions de ces machines dans le quatrième volume de ce recueil.