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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
doubler ainsi les mèches aux métiers en fin, ce qui se fera rarement, etseulement pour les chaînes, on sera obligé de faire la préparation plus fine ;au lieu de 3 supposons-la à 4 1 /2, juste moitié plus grosse que la prépara-tion ordinaire, qui est effectivement 9 : en doublant alors les mèches pourles premiers métiers on aura 2 1/4 ou 2,25, que l’on étirera de 8, ce quidonnera le n° 18 en une mèche, laquelle, doublée, ne représentera plusque le n° 9, qu’il faudra étirer aux métiers finisseurs de 10 pour avoir len° 90.
On objectera avec raison que s’il faut moins de machines préparatoirespour une quantité donnée de produits, il faut en plus des métiers inter-médiaires. Mais l’économie, sinon de la main-d’œuvre, au moins de laforce motrice, n’en sera pas moins incontestable quand on saura qu’il nefaut qu’un métier intermédiaire, à nombre égal de broches, pour sept àhuit métiers en fin, qui, en raison de la parfaite régularité des prépara-tions, devront nécessairement produire davantage.
En admettant même qu’il n’y eût pas économie, ni dans la main-d’œuvre, ni dans les machines préparatoires, ni dans la force motrice, il yaurait au moins un avantage précieux : c’est que les fils ainsi faits sontplus beaux , plus réguliers , et surtout plus fins , et que la production , euégard aux machines et métiers, est plus considérable.
Jusqu’ici les laines peignées à la mécanique ont été délaissées par laplupart des filateurs et des manufacturiers, parce qu’étant plus courtes etsurtout moins bien peignées que celles à la main , elles se filent plus diffi-cilement et moins fin que ceux-ci ; mais par ces nouveaux procédés il estfacile de les filer aussi fin que les peignés à la main que l'on filera eux-mêmes à des numéros plus élevés, sans pour cela que les fils soient éner-vés. M. Crétenier estime qu’il obtiendra des peignés-mécaniques (1) de 10à 15 0/0 plus fins, et avec plus facilité, que par les moyens employés jus-qu’à présent.
Les métierssurfileurs, qui doivent tordre très-peu, sont ou des métierscontinus ou des métiers mull-jenny ordinaires, mais à grands écartements ,afin de faire des bobines assez grosses pour que les fileurs en fin neremontent pas trop souvent. Les métiers mull-jenny-renvideurs sont ceuxà préférer en raison de leur légèreté et de leur production, qui est plusconsidérable et plus régulière ; la main de l’ouvrier n’étant pour rien dansle renvidage.
On peut également employer les bancs à broches à mouvement différen-tiel, qui ont fait jusqu’à présent partie des machines préparatoires dans lepeu de filatures où on les a employés. Mais ce genre de machines ne coûtepas cher et n’a pas encore subi les épreuves de l’expérience et du temps.Toutefois, dit M. Crétenier, ce métier, employé comme métier surfileur,ferait partie de mon nouveau système.
(1) On peut voir dans le troisième volume la description et les dessins des peigneuses mécaniques,avec une notice historique sur les perfectionnements apportés à ces machines.