PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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time que l’air chaud qui s’échappe dans la cheminée, a dans les chaudièresde 2 m 70 de longueur, environ 900 degrés, et dans les chaudières de 3 m 70,500 degrés ; il y a donc 400 degrés employés à former de la vapeur quiauraient été perdus dans les petites chaudières. Cette grande longueur estobtenue par le déplacement de l’essieu de derrière que, par mesure desûreté et pour ne pas trop éloigner les roues, on place à l’avant du foyer,d’après l’une des dernières dispositions de M. R. Stephenson (1).
Les tiroirs sont verticaux et sont commandés par un excentrique circu-laire qui agit directement sans aucun intermédiaire pour donner le mou-vement aux pompes alimentaires, qu’une petite course obligée force deconstruire d’un assez grand diamètre. Nous examinerons les avantagespratiques qui résultent de cette disposition.
Le régulateur d’admission se manœuvre également, comme dans les ma-chines de Stephenson, à l’aide d’un levier communiquant le mouvement àun tiroir vertical qui intercepte ou ouvre la communication avec la chau-dière.
La hauteur des machines et des cheminées est beaucoup plus petite quedans les locomotives ordinaires , disposition qui diminue les obstacles deconstruction des ponts ou des viaducs qui doivent exister dans le par-cours.
La détente variable est celle deM. Gonzenbach, dont nous avons eu occa-sion de parler dans les 3 e et 4 e volumes de cet ouvrage. M. Cavé vient aussid’y appliquer celle d’un ingénieur et praticien fort capable, M. Delpech.Cette détente , simple, rationnelle et d’une manœuvre facile, exige l’addi-tion d’un excentrique spécialement affecté à sa manœuvre. Nous l’exami-nerons complètement, dans le courant de cette description que nous allonscommencer sans énumérer davantage les modifications dont ces locomo-tives ont été l’objet et qui ressortiront de cette description même. Nousexaminerons aussi dans le courant de ce volume divers autres systèmes dedétente variable, et en particulier celui de MM. Derosne et Cail, puis nouscompléterons cet article en décrivant le tender qui accompagne toujours la
(4) Celte disposition a été indiquée et décrite par M. Stephenson, dans un brevet d’invention eideperfectionnement qui lui fut délivré le 19 avril 1842 , et qui a pour titre: Certains perfectionne -mente apportés aux machines locomotives. Il comprend , outre la disposition des trois essieux sousla partie cylindrique de la chaudière, celle des tiroirs verticaux mus directement par les excentriques,sans l'intermédiaire de tringles ou de leviers, et la commande des pompes alimentaires par lesexcentriques de marche en arriére.
Nous avons appris que le gouvernement français aurait à payer une prime de 50 livres sterling{4250 fr.), pour chaque machine qu’il construirait en France avec l’application des dispositions pré-cédentes. Les machines du Nord , qui sont justement dans ce cas sont donc grevées de cet impôtanglo-industriel. Si l'invention était française, serait-elle aussi bien favorisée ?
Tout récemment, M. Stephenson vient d’établir une nouvelle machine d’une longueur de chau-dière de 4 m io. Dans toutes les machines à longues chaudières, l’allongement avait été fait du côté dela boîte à feu, mais dans celte dernière, il est fait du côté de la boîte à fumée : c’est pour mieux direune machine à quatre roues, allongée en plaçant une nouvelle paire de petites roues devant l’autre,la position des cylindres n’ayant pas changé. Cette nouvelle disposition a cela d’avantageux , qu’ellereporte une grande charge sur l’essieu moteur.