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Tome cinquième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

les résistances totales des convois, qui sont dues à la gravité, aux frottements et àla résistance de lair. La mesure expérimentale de ces résistances aurait exigé desdynamomètres qui nétaient point à notre disposition ; il aurait fallu faire une sériedexpériences spéciales pour déterminer les résistances des frottements de la ma-chine elle-même.

On pourrait essayer de suppléer à des essais directs, en calculant les résistancesde toute nature, daprès les données que lon trouve dans quelques ouvrages ; maisil nous a paru que ces résistances étaient tellement dépendantes de la constructionde la voie et des voitures composant le train remorqué, quil nétait pas possibledappliquer, avec quelque exactitude, les résultats déduits dexpériences connues, àdautres chemins et à des wagons dune autre construction que ceux sur lesquelsces expériences ont été faites. Nous avons en conséquence renoncé à entreprendredes calculs qui nauraient eu que lapparence de la précision. Dun autre côté, si loncomparait, sous le rapport des consommations de combustible, à même charge etmême vitesse, la locomotive Mulhouse aux machines anglaises du chemin de Liver-pool à Manchester, qui ont été le sujet des expériences rapportées dans le Traitédes machines locomotives de M. de Pambour, on trouverait que la machine fran-çaise est bien supérieure.

Nous avons déjà dit que la Mulhouse avait présenté une économie de combus-tible de 25 à 30 pour 100 sur lensemble des machines de la rive gauche. Ces ma-chines, bien supérieures à celles que M. de Pambour a étudiées en 1834 et 1835, sonttoutes à détente fixe ; mais il est possible quelles soient encore inférieures aux ma-chines le plus récemment importées dAngleterre.

Il convient, pour apprécier au juste le mérite de linvention de M. Meyer, demettre la Mulhouse en lutte avec les machines les plus récentes sorties des ateliersde Hawthorn, Sharp et Roberts ou Stephenson. Cest ce quil était impossible defaire sur le chemin de la rive gauche, qui ne possède pas de ces machines ; maisces essais pourront avoir lieu sur les lignes de Corbeil et dOrléans , la machinede M. Meyer est actuellement transportée.

Dès à présent nos expériences nous mettent à même de déclarer que la locomo-tive Mulhouse est une très-bonne locomotive; que, malgré ses grandes dimensions,qui la rendent susceptible de développer au besoin une puissance égale à celle desplus fortes locomotives usitées, lorsquon réduit létendue de la détente au tiers dela course du piston ou quon la supprime complètement, elle remorque néanmoinsles trains fort légers de 3 à 5 voitures de voyageurs, avec une fort grande économiede combustible, comparativement à lensemble des machines du chemin de fer dela rive gauche qui ne paraissent pas elles-mêmes être sensiblement inférieures auxmachines employées sur dautres chemins de fer (sauf toutefois les machines quiont reçu des perfectionnements récents, et dont nous n'avons pu apprécier limpor-tance par rfes expériences directes).

La chaudière et toutes les pièces du mécanisme de la Mulhouse sont bien pro-portionnées. La tuyère à échappement variable de M. Meyer, paraît devoir êtredun bon usage. Toutefois elle na été montée quaprès que nos expériences étaientterminées, et nous navons pu en faire usage. Enfin lensemble de la machineprésente tous les caractères dune construction bonne, solide et durable.

Quant aux moyens par lesquels M. Meyer réalise une détente variable à la volontédu mécanicien, on ne peut se dissimuler quils compliquent la machine dune ma-nière assez notable. Ainsi, chaque cylindre a réellement deux tiroirs au lieu dunseul ; car on peut considérer les taquets de la détente comme un second tiroir. Ce