PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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levait la caisse, tantôt se trouvait tellement serré entre ses côtés, que l’on avaitbeaucoup de peine à retirer la balle. Des effets analogues se produisent dans lespresses employées en Algérie .
«Frappé de ces inconvénients et de plusieurs autres qu’offrait l’emploi descaisses, ainsi que de la petite quantité de foin que l’on pouvait y introduire àchaque opération et qui me paraissait tout à fait hors de proportion avec la puis-sance des machines, je me décidai à les supprimer totalement, en ne gardant quele plateau mobile qui formait leur fond. Sur les chariots, dont les brancards enfonte furent convenablement tracés, je fis placer deux treuils à déclic au-dessusdes essieux. A l’aide de ces treuils, il devient alors facile de placer et de guindersur les chariots des quantités considérables de foin (1). A cet effet, l’on découpedans les meules, avec de larges couteaux faits exprès, des prismes de foin d’unesuperficie égale à celle du plateau et d’une épaisseur de 0 m ,40 à 0 m ,50, que l’onpose successivement les uns après les autres sur le chariot. Quand ils sont empilésà une hauteur de 1^,50 à l m ,60, on passe par-dessus deux cordes que l’on serreavec les treuils, puis on continue le chargement jusqu’à ce qu’il ait atteint une hau-teur qui peut aller à plus de 2 m ,0. On passe alors deux autres cordes par-dessus,on les serre avec les treuils, on lâche et on enlève les premières, et le chariotchargé est conduit à la presse.
« Cette opération, qui s’exécute aux meules à fourrages, ne retarde en rien leservice de la presse et donne déjà au foin un certain degré de compression et unedensité de 120 à 130 kilogrammes au mètre cube ; on peut ainsi former des char-gements de 400 kilogrammes que l’on introduit facilement sous la presse et que l’ony comprime d'un seul coup.
« Le plateau en bois du chariot et celui que l’on place au-dessus du foin portentdes rainures de 0 m ,01 de profondeur et de 0 m ,035 de largeur, destinées à loger lesbandelettes qui formeront la ligature de la halle.
« Sur le plateau inférieur et sous le plateau supérieur on place, selon l’idée quien avait été émise à Paris , lors de nos premiers essais, par M. Poncelet, dans le sensde la longueur de la balle, trois planchettes de sapin de O" 1 ,12 de largeur sur0 m ,020 d’épaisseur, destinées à empêcher la ligature de pénétrer dans le foin. Cespréparatifs terminés, on met la presse en action, soit à bras, en la faisant manœu-vrer par trois hommes, soit à l’aide d’un moteur, ainsi qu’on le fera en Afrique .Quand le foin a été comprimé du tiers ou de la moitié de son volume, on passe lesquatre bandelettes de fer feuillard de 30 millimètres de large sur lmii,5 d’épaisseur,coupées d’avance à la longueur convenable, qui est d’environ I2 m ,40. On continueensuite à presser jusqu’à ce que la soupape de sûreté commence à laisser échapperl’eau, ce qui correspond ordinairement, avec du foin tendre, au moment où il estréduit à une épaisseur de 0 m ,38 à 0 m ,40. Dans l’une des épreuves de réception parexemple, la balle, pesant 396 kilogrammes, et dont la section horizontale avaitde l m ,63 de longueur sur 0 m ,96 de largeur ou l in -i,565 de surface, a été réduitesous presse à la hauteur de 0 m ,38 ou au volume de 0 m c -595, ce qui correspond àune densité moyenne de 665 kilogrammes au mètre cube, supérieure à celles desbois d’aulne, de merisier, d’érable, de noyer, de peuplier, de sapin de France etautres.
(I) Puisque M. Morin a été dans l’obligation de montrer aux constructeurs anglais ce qu’il fallaitfaire pour le meilleur effet à obtenir, n’était-il pas plus simple et plus national de s’adresser à nosconstructeurs français pour une telle commande 1 (Ar,)