PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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En comptant l’intérêt de ce capital à 6 pour 100 pour couvrir les frais d’entretienet de réparation, et admettant que la presse fonctionne 300 jours et produise 12,000quintaux métriques, l’intérêt du capital employé serait de 5 centimes par quintalmétrique.
«L’ensemble des frais de pressage serait donc, pour un atelier d’une seulepresse, par 100 kilogrammes :
Main-d’œuvre. 0f20
Ligature. 0,81
Intérêts du capital. 0,05
1,06
« Ils seraient évidemment moindres à proportion, et le produit plus considérable,si l’on employait plusieurs presses et un moteur autre que des hommes pour don-ner la pression, ainsi que cela peut se faire facilement et se fera à Alger et à Bone.
« Si maintenant l’on remarque que, pour les transports par mer, la réduction duvolume à moitié doit conduire, dans le cas actuel, à une réduction presque propor-tionnelle sur le fret, on voit de suite quels avantages considérables l’emploi de cesmoyens puissants de compression peut procurer au trésor pour le service des ap-provisionnements de fourrages. J’en donnerai une idée en disant que les besoinsprésumés de l’année 1846 sont estimés à 140,000 quintaux métriques. On paie au-jourd’hui, d’Alger à Oran , pour fret le prix exorbitant de 10*,10 par quintal métriquede foin pressé par les petites presses, et 5*,10 par quintal de foin pressé par cellesde 300,000 kilogrammes. En admettant que les six presses de 650,000 kilogrammesétablies récemment fournissent, dans l’année 1846, seulement 60,000 quintaux mé-triques, et quoique la densité des balles qu’elles livreront soit double à peu près etles frais de main-d’œuvre moins considérables qu’avec les autres presses, si nous necomptons pour le fret que sur une réduction, non de moitié, mais de 2 francs par100 kilogrammes, l’économie obtenue dans une seule année serait de 120,000 fr.,et couvrirait toutes les dépenses d’acquisition de machines, de rails et d’acces-soires.
« D’une autre part, notre navigation maritime profite aussi beaucoup de la faci-lité que le pressage des foins donne à l’administration de la guerre pour utiliserles produits du sol algérien ; car, en 1845, elle y a trouvé le chargement de plus dedeux eent quatre-vingts navires sous pavillon national, et il y a lieu de penser qu’en1846 il y en aura pour plus de quatre cents.
« L’avantage que présente le pressage du foin pour les expéditions par mer peutaussi s’étendre à leur transport par les chemins de fer ; car, du moment que cettematière cessera d’être encombrante et que, par suite de sa grande densité, elle nesera plus aussi combustible, rien ne s’opposera à ce que l’agriculture ne profite deces voies de communication, et, selon les distances et les circonstances locales, ellepourra y trouver des bénéfices notables. En effet, le foin pressé aura une densitésupérieure au bois à brûler empilé qui, en essence de chêne, ne pèse que 350 à375 kilogrammes le stère; il sera plus facile à charger, et par conséquent les fraistotaux de transport devront être fixés, comme pour les bois, à 16 centimes au plus,et peut-être même à 14 centimes par tonne et par kilomètre, tandis qu’ils s’élèventaujourd’hui à 25 ou 30 centimes. Or, le foin, qui vaut en Normandie 50 à 60 francsles 1,000 kilogrammes, se vend à Paris 110 à 120 francs.