PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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suivre le mouvement de ces cylindres. Cette disposition, qui évite entière-ment l’emploi des cordons, a été encore tentée plus récemment parM. Rousselet qui en a fait le sujet d’une demande d’un brevet d’invention dedix ans, à la date du 17 juillet 1837, pour une machine tyqoographique.
Le 2 septembre 1824, MM. Firmin Didot père et fils se firent breveterpour une presse typographique continue , propre à faire des tirages extrême-ment accélérés. Cette machine, d’une disposition toute nouvelle, quant à lamarche du papier et à l’encrage mécanique qui se fait de bas en haut, sedistingue, en outre, parla liaison du mouvement des cylindres d’impres-sion avec celui du chariot ou des marbres. Une crémaillère double, régnantsur toute la longueur de ce chariot et engrenant avec deux roues droitesplacées sur l’axe des rouleaux, imprime à ceux-ci un mouvement circulairealternatif qui contribue puissamment à donner une vitesse plus grande à lamachine. Cette disposition de chariot à crémaillère a été imitée récemmentavec succès par un de nos constructeurs de presses le plus connu. Plusieursmécaniciens construisent aujourd’hui ce genre de presses avec des modifi-cations plus ou moins heureuses.
Le 25 avril 1829, M. Selligue, ingénieur et imprimeur, à Paris , obtint unbrevet d’invention de cinq ans pour une presse typographique à mouvementcontinu et à deux cylindres excentriques (1).
Ainsi que l’indique le titre et le petit tracé que nous donnons fig. 10, lamachine se compose de deux cylindres ou portions de cylindres B B', com-mandés par deux roues droites et imprimant alternativement deux compo-sitions différentes, ce qui correspond à une machine qui imprime des deuxcôtés à la fois. Les feuilles arrivent sous chaque cylindre au moyen de deuxséries de cordon qui leur font effectuer le parcours nécessaire pour passer entemps utile sur les parties circulaires des rouleaux imprimants. Cette dispo-sition de secteurs a pour objet de diminuer notablement la longueur de lamachine, sans diminuer le diamètre des rouleaux, en ne construisant quela partie travaillante de ceux-ci ; ils sont, d’ailleurs, évidemment combinéspour ne jamais se rencontrer dans leur rotation.
Avant cette époque, le 1 er juillet 1824, M. Selligue avait pris un brevetd’invention de dix ans pour une presse typographique à mouvement continu,propre à recevoir l'application d'un moteur quelconque et à imprimer desdeux côtés avec autant de perfection que les pi-esses à cylindre (2).
Elle se composait de quatre plateaux qui venaient à tour de rôle appor-ter successivement le papier, imprimer la feuille d’un côté, la retourner etl’imprimer de l’autre et, enfin, l’empiler en dernier lieu. Malgré les avan-tages qu’une telle disposition semblait devoir présenter, les difficultés deconstruction et de solidité qu’elle présentait ont fait revenir l’auteur,comme nous venons de le voir, aux presses à cylindre, qui, sans contredit,sont les meilleures et celles dont on fait le plus usage.
(1) Brevets expirés , tome xxvm, page 70.
(2) Brevets expirés, tome xxvm, p. 157