PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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RÉPONSE AUX OBSERVATIONS PRÉSENTÉES PAR DEUX MEMBRES DE LA COM-MISSION SUR LES PROJETS DE M. DUVOIR ET DE M. GROUVELLE.
« Nous croyons devoir rappeler d’abord les dispositions principales des projetsde M. Grouvelle et de M. Duvoir.
« Système de M. Grouvelle■ — Dans le système de M. Grouvelle, les cellulessont chauffées et ventilées séparément, par de l’air qui s’est échauffé en parcourantdes gaines placées sous les balcons qui contiennent des tuyaux à eau chaude. Tousles circuits partiels à eau chaude sont isolés et chauffés par la vapeur fournie parun générateur, ou par deux dans les jours les plus froids de l’hiver. L’air des cel-lules s’écoule par de petites cheminées qui s’élèvent jusqu’aux combles, où elless’ouvrent dans de grands canaux qui descendent à l’extrémité des bâtiments etviennent aboutir à une grande cheminée d’appel central.
« Système de M. Duvoir.— Dans les trois projets de M. Duvoir, l’air est échauffépar des poêles à eau chaude placés dans des canaux creusés au-dessous du sol dechaque bâtiment. Les cellules du premier et du deuxième étage sont chauffées parla circulation de l’air du corridor ; celles du rez-de-chaussée sont chauffées, en outre,par des courants d’air chaud provenant directement des poêles, et la ventilationdes couloirs et des cellules du rez-de-chaussée a lieu par les cendriers des four-neaux.
« Dans le premier projet, la ventilation des cellules du premier et du deuxièmeétage est produite par le tirage des cheminées des fourneaux à une petite distancede leurs sommets.
« Dans le deuxième, elle s’effectue par des cheminées renfermant des poêles àeau chaude, que l’eau parcourt avant de traverser les poêles inférieurs; enfin, dansle troisième projet, les poêles à eau chaude sont chauffés , ou par des foyers inté-rieurs, ou par des lampes à huile, ou par des becs de gaz.
Observations relatives au projet de M. Grouvelle.
« 1° Le mode de transmission de la chaleur par la vapeur, du moins dans lecas dont il s'agit, est moins avantageux que le chauffage direct de l’eau par cir-culation.
« En théorie, rien n’est plus simple qu’un chauffage à eau chaude par une circu-lation continue; mais, en réalité, quand les circuits doivent avoir une grandeétendue et une grande hauteur , ce mode de chauffage a de graves inconvénients ,parce qu’il est impossible de se mettre à l’abri des fuites, et que les fuites pouvantavoir lieu la nuit comme le jour, et sous des pressions considérables, la grandemasse d’eau en circulation peut occasionner une véritable inondation d’eau chaude.Un accident de cette nature, et qui justifie ces considérations, a déjà eu lieu àLondres au marché aux fleurs de Covent-Garden : M. Darcet en a été témoin.
« D’ailleurs les fuites d’eau, quelque faibles qu’elles soient, sous l’influence d’uneforte pression, sont incomparablement plus difficiles à arrêter que des fuites devapeur. Ces appareils exigent donc une grande surveillance: cette surveillance estdifficile à exercer, quand une partie du circuit est logée sous les planchers ou dansles épaisseurs des murs.