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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
observer que ces sortes d’appareils ne se trouvent pas dans les mêmes cir-constances ; le véhicule et les roues motrices font eux-mêmes l’effet devolants, par la force accélératrice qu’ils acquièrent; aussi il est impossible,comme on le voit, de leur faire remplir la condition d’arrêter ou de rétro-grader subitement ; il faut d’abord ralentir la vitesse, avant de pouvoiratteindre le repos ou marcher très-lentement, tandis que la machinedouble pour usines ou fabriques permet de manœuvrer comme si c’étaitun être animé, et, nous devons le dire, beaucoup mieux, si on comparela vitesse considérable qu’on peut lui imprimer et la rapidité extrême aveclaquelle on peut arrêter ou changer son mouvement.
M. Faivre propose d’étendre ce système de machines accouplées beau-coup plus loin, afin de supprimer complètement le volant, même pourobtenir des mouvements très-réguliers, comme ceux que l’on exige dansles filatures, dans les tissages mécaniques, etc. Ainsi, en accouplant troisou quatre machines pour ne faire qu’un seul appareil, et en disposant lespistons de manière que leurs positions se succèdent, on arrive à trans-mettre à l’arbre moteur un mouvement aussi régulier, et même sensible-ment plus régulier que dans le cas d’une seule machine dont la puissanceserait équivalente à celle des quatre, et qui serait munie d’un fort volant.On pourrait transmettre, au besoin, une vitesse première plus grande, etdonner ainsi sans crainte une détente plus considérable, tandis que parl’application du volant, on est forcément limité, soit pour la vitesse si onne veut risquer des accidents multipliés, soit pour la détente, à cause dumouvement irrégulier que l’on obtient en dépassant un certain degré.
Pour les moulins à blé et autres usines analogues dans lesquelles les ré-sistances sont à peu près constantes ou ne varient pas, du moins sensible-ment, d’un instant à l’autre, l’application des machines accouplées sansvolant est, selon nous, d’un grand avantage et bien préférable à celled’une machine à volant, parce que celui-ci, par sa masse et sa vitesse ac-quise, forme un combat continuel avec l’énergie des meules, qui elles-mêmes ont une masse et une vitesse acquise assez considérables ; il enrésulte des réactions très-vives, d’autant plus nuisibles que la machinefonctionne avec plus de détente, et qui occasionnent assez souvent des ac-cidents. Par ce système, cet inconvénient ne peut avoir lieu, toute la forceproduite est au profit de la résistance qui, n’éprouvant pas par instant,comme avec le volant, des accélérations dans la marche, ne produit plusces espèces de saccades, ces réactions insupportables que l’on rencontresouvent dans ces sortes d’appareils.
La combinaison du mouvement d’une roue hydraulique avec le moteurà vapeur, ainsi composé de machines accouplées, devient alors d’une ap-plication très-simple et très-facile à faire sans risque de danger, commelorsqu’on veut y additionner une machine à volant. Aussi, nous sommesconvaincu qu’avant peu, lorsqu’on aura bien reconnu les inconvénientsque présente généralement en pratique cet agent régulateur du mouve-