PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Dans toutes ces maisons on fournit du vin. Des négociants présentent des échan-tillons ; ils soumissionnent. Les administrateurs réunis dégustent le vin. La four-niture est adjugée. L’époque de la livraison arrive; ce ne sont plus les mêmespersonnes qui reçoivent le vin. Mais a-t-on le moyen de s’assurer que le vin livréest le même que celui de l’échantillon, et que les administrateurs avaient accepté ?Eh tien, l’ébullioscope en sera une garantie , en conservant un échantillon du pre-mier vin proposé ; et les administrateurs pourront s’assurer que le fournisseur arempli ses engagements. Le directeur de ces établissements pourra s’assurer aussichaque jour que le préposé à la distribution du vin ne trahit point sa confiance enversant une certaine quantité d’eau dans le vin.
Dans les asiles de la vieillesse et de l’infirmité, un distributeur infidèle, outre sonvol, compromet la santé et le bien-être des infortunés qui les habitent. L’ébullio-scope arrêtera d'un côté les déceptions auxquelles sont exposés les administrateurset fera cesser, de l’autre, les plaintes et les murmures.
Aux armées de terre et de mer. — La plupart des avantages que nous venonsde signaler peuvent s’appliquer également aux vins et aux liquides spiritueux queles administrations de l’armée de terre et de mer donnent aux troupes lorsqu’ellessont en campagne ou en garnison.
Il est de la plus haute importance que l’on ne donne au militaire que des liquidessains et qui ne puissent nuire à sa santé. Il suffit de jeter un coup d’œil sur leMémoire déposé aux archives du ministère des finances, page 11, pour s’assurerqu’on a poussé la cupidité jusqu’à verser de l’acide sulfurique dans les vins exportésà Alger , fait qui a été signalé par M. le directeur des contributions indirectes deToulon en 1840.
Utile aux particuliers.
Un feuilleton du Constitutionnel de juin 1845 a mis au grand jour les manipula-tions et les tripotages que le bas commerce emploie pour la fabrication des vins.
Cet article, écrit en apparence en style badin et enjoué, est grave et sérieux ; illaisse dans le cœur des amis de l’humanité des réflexions bien pénibles. Entre autresmanipulations , le Constitutionnel nous explique l’origine et le développement duvin de propriétaire. — Que l’on arrache toutes les vignes , et la récolte de vinde propriétaire n’en sera pas moins abondante !!
A l’aide de l’ébullioscope on s’assurera si la force de ces boissons est due à l’alcoolet non à ces drogues (1).
Les restaurateurs, les traiteurs, les maîtres de pension, etc., trouveront un grandavantage en employant cet instrument, soit pour l’achat de leurs vins et autresliquides, soit pour s’assurer de la fidélité de leur sommelier.
Le simple bourgeois trouvera aussi les mêmes avantages, car il n’est pas rare quedes serviteurs se permettent d’altérer le vin de leur maître par une addition d’eaupour avoir la facilité d’en soustraire.
Dirai-je encore que la plupart des personnes qui croient boire de la bière tous lesjours n’en ont peut-être jamais bu à Paris , elles n’ont bu que du coco. La bièredouble contient environ six centièmes d’alcool, et la petite bière trois centièmes ; leseul moyen de s’en assurer est de la soumettre à I’ébullioscope. »
(t) R y a peu de jours qu’appelé au bureau de la dégustation, à la prélecture de police, on soumità mon ébullioscope quelques échantillons de ces fermentations vineuses. Elles étaient fabriquées avecdu sirop de fécule, fleur de sureau, etc. Ces fermentations ne contenaient que deux et trois cen-tièmes d’alcool, quoiqu’elles piquassent fortement la langue et le gosier. »