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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
fermé par le haut (1), à l’aide d’un cuir disposé à cet effet, il faut nécessaire-ment que toute la masse d’air qui a été envoyée par le ventilateur passe avecle grain entre les surfaces travaillantes des meules.
Ainsi, d’une part, chaque grain de blé, à mesure qu’il tombe, estentouréd’une couche d’air forcé qui le fait précipiter plus rapidement entre lesmeules, et, d’un autre côté, cet air obligé de s’échapper, puisqu’il estconstamment refoulé par de nouveaux courants qui arrivent sans cesse,tend nécessairement à repousser devant lui la farine produite au fur et àmesure qu’il s’échappe ; de cette sorte, la boulange n’engorge pas les meules,elle y séjourne moins longtemps, elle se dégage avec une plus granderapidité ; on peut alors augmenter considérablement le travail en fournis-sant, sans inconvénient, une plus grande quantité de blé aux meules.
Le mouvement est imprimé au ventilateur par la meule courante même,si on le juge convenable , en mettant une courroie sur la circonférence decette meule, et en la faisant passer, en la croisant, sur la petite poulie^montée sur son axe. Lorsqu’on veut alimenter plusieurs paires de meules àla fois, au lieu d’un ventilateur à chaque paire, il est plus simple de n’endisposer qu’un seul, avec un tuyau prolongé communiquant avec chacuned’elles, et pouvant, au moyen de registres, interceptera volonté l’entréede l’air ou en régler la quantité. On peut aussi s’arranger pour varier lavitesse du ventilateur de 800 à 1200 révolutions par minute , suivant la na-ture du blé ou suivant le travail que l’on veut faire.
RÉSULTATS D’EXPÉRIENCES DE L’ACCÉLÉRATEUR CABANES.
Dès l’origine, M. Cabanes fit l’application de son appareil à l’une despaires de meules du moulin à vapeur de Paludate (2), et en obtint des ré-sultats vraiment prodigieux; ainsi, il nous dit qu’on écrasait avec cettepaire de meules plus de 450 kilogrammes de blé par heure, c’est 4 à 5 foisplus qu’on ne fait généralement dans les moulins des environs de Paris . Descertificats de personnes fort honorables délivrés à l’auteur, et que nousavons eu sous les yeux, constatent parfaitement bien ces résultats. Lesfarines, qui sont à la vérité un peu plus rondes que celles du commerce deParis , sont fort goûtées par les boulangers de Bordeaux , qui les préfèrentà celles obtenues sur les moulins ordinaires. Quant h la force dépensée pourfaire mouvoir une telle paire de meules avec son ventilateur, M. Cabanesestime qu’elle doit être d’environ six chevaux ; mais le moteur qui estalimenté par une chaudière chauffée au moyen des flammes provenant desfours à coke, ne permet pas d’estimer d’une manière suffisamment exactela puissance réellement dépensée.
(1) Cette idée de fermer hermétiquement l’œiîlard est d’une grande importance, et doit être con-sidérée comme un des points essentiels de l’invention de M. Cabanes, car, par cette disposition, toutl’air chassé par le ventilateur profite au travail, puisqu’il passe complètement entre les meules.
(2) Nous avons parlé de cet établissement dans notre premier volume, en décrivant les fours àcoke de M. Clavière, avec l’application de la chaleur perdue au chauffage d’une chaudière à vapeur.