FABRICATION MÉCANIQUE
DES CORDAGES,
Par 1H. MERLIÉ LEFEVRE ,
(planches 23, 24 et 25).
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Les principes pratiques de la fabrication des cordages paraissent n’avoirété posés d’une manière sûre que vers le milieu du siècle dernier. Duha-mel-Dumonceau est le premier qui ait jeté quelque lumière sur cet artimportant. Son Traité de Corderie, qu’il publia vers 1750, a servi presquegénéralement jusqu’à l’époque où la mécanique, en agrandissant son do-maine, s’est emparée de cette fabrication et l’a complètement améliorée.En France et en Angleterre surtout, les machines les plus ingénieuses ontété combinées, soit pour faire obtenir aux fabricants une économie demain-d’œuvre, soit pour établir des cordages plus parfaits, et par suiteplus durables, soit enfin, et surtout, pour opérer d’une manière plusrapide.
L’exposé historique des différentes découvertes qui, depuis Duhamel,ont occupé les fabricants de cordages, et qui toutes reposent sur un prin-cipe susceptible de faire une corde dont tous les fils concourent à la fois,par des effets égaux, à résister à la force qui tendrait à les rompre, seratrès-succinct. Nous l’examinerons dans son ordre naturel, c’est-à-dire sui-vant la date des découvertes.
La plus ancienne parait dater de l’année 1799, elle est due au célèbreFulton, puis à Canning, qui en cette année, le 18 mai, se firent breveterpour quinze ans, pour des machines à fabriquer toutes espèces de cordes,câbles et cordages en général (1). La première de ces machines, qui est des-tinée au tortillement des torons (2) et au commettage (3) des cordes, se
(1) Brevets expirés , tome y, page 62.
(2) On appelle torons l’assemblage de plusieurs cordons ou fils de caret qui composent un cor-dage, et fils de caret les fils qui serveut à faire des cordages, pour les distinguer de ceux employésà coudre , à faire des toiles.
(3) On appelle ainsi l’opération qui consiste à réunir les fils de caret, pour en former les cordeset les câbles par l’action du tortillement.