PUBLICATION INDUSThlELLE.
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compose de bobines chargées de fil de caret, disposées en rond sur un bâtis,et enfilées sur autant de broches horizontales qui leur permettent de tour-ner librement. Une corde passant sur le col de chaque bobine produit surchacune d’elles, au moyen d’un poids, un frottement sensiblement le mêmepour toutes. Les fils de ces bobines, étant tous réunis en un faisceau,passent dans un trou dont le diamètre est égal à celui de la somme des filstortillés. Ces fils, ainsi réunis et même tortillés, passent entre deux cylin-dres à gorge ronde pressés l’un contre l’autre et vont ensuite s’enveloppersur une très-grosse bobine.
La deuxième machine est destinée au commettage ; pour cela les bobinesqui ont été chargées de torons à l’appareil précédent, sont portées sur lamachine à commettre en nombre égal à celui des torons qu’on veut avoirau cordage qu’on fabrique. Dans la description de son brevet l’auteur l’asupposé à trois.
La machine est composée d’un arbre vertical en fer portant à sa partieinférieure trois systèmes de mécanisme pour autant de torons, et à lapartie supérieure le toupin (1) à trois rainures qui les réunit; les toronsélémentaires sont enroulés autour de grandes bobines qui, par leur rota-tion , les emportent sur le toupin au moyen de grandes poulies. De là ils seréunissent dans un tube ou entonnoir pour s’enrouler définitivement, etterminés autour d’une dernière grande bobine placée tout au haut de l’ap-pareil qui est destiné spécialement au commettage des cordes.
Le commettage des grelins (2) présentant plus de difficulté, parce qu’onne peut se dispenser de tordre en arrière comme en avant du toupin,Fulton imagina une autre machine, qui, tout eu reposant sur les mêmesprincipes, remplissait, au moyen de quelques modifications heureuses, lebut que l’on voulait atteindre.
Malgré l’époque reculée de l’établissement de ces machines, elles gar-dèrent longtemps une supériorité méritée sur toutes celles qui parurentdepuis.
Sous le titre de: Machine à câbler et à retordre (3), M. Dussordet, àDreux , prit, en 1810, le 17 novembre, un brevet d’invention de cinq ans,pour un nouveau rouet en fer, dont la composition très-simple permetd’obtenir un commettage très-régulier, puisque chaque toron est attaché àun crochet solidaire avec un pignon commandé pour une grande roue d’en-grenage. Comme les pignons commandés par cette roue sont égaux, et
0) Le toupin est un morceau de bois en forme de cône tronqué, de grosseur proportionnée à lacorde qu’on veut faire ; ii est sillonné de rainures en nombre égal à celui des fils qu’il s’agit de com-mettre. (Yoy. planch. 25, fig. 24 et 25.)
(2) Les différentes natures et grosseurs des cordages prenant des noms divers, nous croyons utiled en donner les définitions.
On appelle aussière le cordage fait de plusieurs fils commis et tordus ensemble; l’assemblage dedeux brins s’appelle bitors, celui de trois merlin. Le commettage de plusieurs aussières forme legrelin, qui prend le nom de câble quand il est de forte dimension.
(3) Brevets expirés , tome vi, page 119.