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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
étant terminée, les fileurs s’emparent chacun d’un peignon qu’ils fixentautour de leur ceinture, puis ils attachent une petite boucle de chanvrequ’ils forment avec la main, à un des crochets a, du croissant ou rouet des-siné en élévation de face et de côté sur les fig. 12 etl3,pl. 24, et commandépar le moteur de l’usine. Fournissant alors du chanvre à mesure qu’il s’enéloigne à reculons, chaque fileur forme un bout de fil de caret, puis enve-loppant ce fil avec un bout de lisière de drap qu’on appelle paumelle , il leserre fortement en tirant à lui d’une main, tandis que de l’autre il empêchele tortillement de passer plus loin, jusqu’à ce qu’il ait bien, avec l’autremain, disposé le chanvre qui doit servir à prolonger le fil. Ce n’est quelorsque le premier fileur a parcouru une certaine étendue de terrain quele deuxième fileur attache son fil, puis le troisième, le quatrième, et ainside suite, de sorte que le travail se fait sans encombre et sans confusion.Huit fileurs sont indispensables pour l’entretien continuel d’un fil. Ceshuit fileurs sont appelés une bordée, et chaque croissant en entretient deux.
Quelquefois, et lorsqu’on a besoin de filer des brins d’une dimension plusforte, on réunit les fils de deux ou trois crochets a , pour n’en former qu’unseul. C’est toujours l’ouvrier qui est proche de la machine qui fait cetteopération du soudage en décrochant chaque brin filé. •
Le rouet employé chez M. Merlié-Lefèvre a été construit dans les ate-liers de M. Nillus, au Hâvre. Il se compose de crochets en fer a dont l’axetraverse une douille b formant poulie. Ces crochets sont disposés sur lecontour de deux espèces de croissants en fer B qu’on peut élever à volontéau moyen d’un petit volant fixé à une vis verticale dont les filets sont enga-gés dans un écrou solidaire avec les deux flasques NN r du croissant. Deuxgoujons c, engagés dans les douilles e, servent de guides et de pointsd’appui à cette partie de l’appareil.
Le mouvement de rotation est pris sur la poulie à plusieurs diamètres j,commandée par le moteur, et se transmet aux crochets a , par l’intermé-diaire d’une courroie qui enveloppe la grande poulie A et toutes lesdouilles b, des crochets. De cette manière on obtient une très-grandevitesse qu’on peut cependant modifier à volonté par les différents diamètresdont la poulie j est munie.
Lorsqu’on veut arrêter la machine, l’ouvrier peut le faire très-aisémenten poussant la tringle à poignée / assemblée à celle verticale g qui, fixe enun point h , embrasse à fourchette l’embrayage i.
Travail du filage. — Chez M. Merlié-Lefèvre, qui occupe 100 à 110ouvriers, chaque fileur fait dans sa journée 27 fils de la longueur del’usine ou
320 m X 27 = 8,640 m .
Chaque fil pesant en moyenne, l k 25 forme un poids total de27 X 1,25 = 33 k ,75.
Le filage à la main, qui en France est très-peu dispendieux, puisqu’il ne