APPAREIL DE BATEAU A VAPEUR,
M. Gâche aîné de Nantes , comme MM. Gâche frères de Paris , sont bienconnus en France , et dans les différents États de l’Allemagne , pour laconstruction des appareils et des navires à vapeur. Pendant longtemps(il faut malheureusement en convenir), nous ne marchions, pour ainsi dire,qu’à la remorque de l’Angleterre, on ne voulait pas, on ne cherchait pas àemployer chez nous nos constructeurs les plus remarquables qui, par leurintelligence, par leur génie, pouvaient à chaque instant donner des preuvesde leur savoir-faire. Ainsi, pendant combien d’années n’a-t-on pas suivi,dans notre marine, le système de construction de ces énormes et pesantesmachines anglaises (1), tandis que MM. Gâche établissaient des appareilsdont le poids était tellement réduit, qu’on est encore tout surpris du faibletirant d’eau des bateaux auxquels ils sont appliqués ; et tandis que M. Cavéproposait depuis longtemps et faisait pour le commerce des machines àcylindres oscillants beaucoup plus légères (système que les premiers con-structeurs d’Angleterre ont adopté depuis peu), et que nous sommes main-tenant fort heureux d’adopter également (2). Que penseraient donc aujour-d’hui nos hommes considérables qui, il y a six ans à peine, ne craignaientpas de dire hautement qu’on n’était pas capable en France d’établir cesappareils puissants de 400 à 500 chevaux, sous le spécieux prétexte quenos ateliers n’étaient pas suffisamment outillés ?
En voyant la facilité avec laquelle MM. Gâche construisent leurs appa-reils , l’économie vraiment remarquable qu’ils apportent dans l’exécution,et en même temps le peu d’outils dont ils se servent, on est doublementétonné de la précision, de la régularité que l’on trouve dans toutes les
(1) On sait que ces machines, dont nous avons donné le modèle dans le deuxième volume de cerecueil, pesaient, en moyenne, avec les chaudières plus de t,000 kilog. par force de cheval, etqu'aujourd’hui on en établit dont le poids ne dépasse pas 550 à 600 kilog. par cheval, y compris lesroues et les chaudières à moitié pleines d’eau.
(2) Nous avons vu à Londres des appareils de 200 à 500 chevaux, à cylindres oscillants, en con-struction chez MM. Penn, Maudslay, Miller, etc.