PUBLICATION INDUSTRIELLE.
323
aujourd’hui d’une grande simplicité, que, si on encadre cette plaque dansun châssis rectangulaire B (fig. 1 et 3) en la plaçant dans une directioninclinée (fig. 2) et si on lui imprime un mouvement rectiligne alternatifdans le sens de sa largeur, tout le blé que l’on mettra en tête du plan in-cliné, tendant à descendre, viendra successivement se loger dans chacunedes cavités qu’il rencontrera, mais les grains constamment chassés par ceuxqui arrivent derrière eux, les font basculer, sortir de leurs alvéoles, desorte qu’il leur est impossible d’y rester, tandis que les graines rondes,remplissent à peu près les mêmes cavités, qu’elles ne désaffleurent pas oupresque pas, et s’y renferment, sans que le frottement successif de tout leblé qui passe sur elles, soit capable de les en faire sortir.
Tout le bon grain arrive donc à la partie inférieure de la plaque, nonsans s’être retourné un grand nombre de fois sur lui-même, par l’effet dessecousses successives qu’il reçoit pendant tout son parcours, tandis queles orifices a se garnissent de graines de même grosseur que lui. On a ainsiopéré un triage parfait, comme si une main intelligente et fort habile avaiteu la patience de prendre tous les grains un par un, afin de mettre lesbons d’un côté et les mauvais de l’autre.
Le châssis B est en bois, porté par un axe en fer C qui est prolongé audelà de sa longueur afin de recevoir deux poulies ou galets à gorge D quel’on fait rouler sur les deux tiges horizontales et parallèles E, E', lorsqu’onmanœuvre le châssis. Ces deux tiges ne sont nécessairement pas placées àla même hauteur ; l’une E est dans un plan inférieur par rapport à l’autre E',afin de déterminer l’inclinaison de la plaque; mais pour pouvoir réglercette inclinaison avec toute l’exactitude désirable, suivant la nature mêmedes blés, ou suivant la quantité que l’on veut soumettre à la fois à l’actionde la machine, il était utile de disposer les supports ou consoles de fonte F,à coulisses, afin de permettre de fixer les tiges que l’on y retient au moyend’écrous, à la place que l’on juge nécessaire , et de varier leur position àvolonté.
En tête du châssis incliné est un simple émotteur G, destiné à enleverpréalablement du blé, les pailles, les herbes et les pierres plus grosses quelui. Il se compose d’un cadre plus petit qui entre dans le châssis et dont lefond est occupé par une feuille de tôle mince ou de zinc, percée de trous d(fig. 6) également très-rapprochés, mais d’une forme triangulaire curvi-ligne, au lieu d’être circulaires. On se rappelle (1) que généralement dansles émotteurs construits jusqu’à ce jour, soit à surface plane, soit à surfacecylindrique ou conique, les feuilles qui remplacent les toiles métalliquessont disposées à trous ronds et longs, qui s’alternent, d’une dimensionassez grande pour laisser passer le blé et les graines, mais ne donnant pasd’issue à tout ce qui est plus gros. MM. Vachon ont modifié cette formedes trous, et ont cherché à se rapprocher de la section même d’un grain
(l) Voyez l’appareil de nettoyage publié dans la troisième livraison du 1 er vol. de ce recueil.