PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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de blé, en adoptant celle d’un triangle curviligne, qui paraît, eu effet, laforme la plus convenable à donner dans ces sortes d’appareils.
Quoique le châssis soit incliné comme nous l’avons dit, l’émoteur estplacé horizontalement, parce que les pierres, les mottes de terre ou lespailles doivent y rester, pendant que le bié tombe à travers ses orifices, ense répandant sur la surface de la plaque à cellules.
Au milieu d’un côté du châssis, est un crochet en fer e qui s’agrafe dansun piton attaché au centre d’une longue traverse en bois H, destinée àformer ressort et serrée, à cet effet, par ses extrémités, entre les sailliesménagées dans deux des consoles de fonte F. Ce ressort, diminuant d’épais-seur du milieu aux deux bouts, a pour objet essentiel de repousser énergi-quement le châssis toutes les fois qu’il a été appelé par la main de l’enfantou de la femme, qui doit faire marcher l’appareil. Ainsi se plaçant ducôté du ressort, l’ouvrier tire le châssis à lui, d’une seule main, avec laplus grande facilité (car il ne présente presque pas de résistance), puis lelaisse repousser par le ressort, afin de le tirer de nouveau, et continue decette sorte jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que toute la quantité de blé, qu’il aversée dansl’émoteur est épuisée, en sortant par la partie inférieure de laplaque. On comprend sans peine que ce mouvement alternatif, effectuérapidement, produit des espèces de vibrations, des secousses, qui obligentles grains à sautiller sur la plaque, et à rouler sur eux-mêmes; ils tendentbien, comme nous l’avons dit, dans leur trajet, à se loger dans les alvéoles,mais les graines rondes seules peuvent y rester, les vibrations, quoiquetrès-multipliées, ne sont pas assez prononcées, pour les dégager des trousqu’elles rencontrent, elles forcent toujours le blé qui désalfleure, à leurcéder la place.
Ce travail est véritablement fort curieux, lorsqu’on l’examine de près; onvoit le triage s’opérer avec une exactitude parfaite, et au fur et à mesureque le blé arrive vers l’extrémité inférieure de la plaque, il paraît se dégagersuccessivement de toutes ses mauvaises graines ; il s’épure, en un mot,comme par enchantement, en se rendant dans la petite trémie I que l’onferme par une porte ou par un registre A.
Lorsque toute la quantité de graines versée sur l’émotteur, est parvenuedans cette trémie, l’ouvrier, avant d’en verser d’autres, a le soin de re-tourner le châssis , c’est-à-dire, de lui faire faire un demi-tour sur lui-même, afin d’obliger à sortir les graines qui sont restées dans les alvéoles; ilfrappe même légèrement sur le fond, pour en détacher plus sûrementcelles qui pourraient y adhérer. Cette demi-révolution peut se faire très-facilement, parce qu'en décrochant, le crochet e de son piton, l’ouvriersoulève le châssis d’un côté, comme le montre la section transversale,fig. 3, en retenant le cadre émotteur, à la main, puis il achève le demi-tour, en faisant pivoter le châssis autour de ses deux galets. Cette opéra-tion est si simple qu’il suffit de la voir faire une seule fois, pour que l’en-fant ou le garçon le moins intelligent, puisse l’imiter immédiatement. Il