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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
neuses, afin d’en obtenir de l’huile, il est indispensable de maintenir lemaximum de pression pendant un temps plus ou moins long, car il s’écoulealors une grande quantité de liquide, qui rentrerait dans les pores des ma-tières écrasées, si on cessait tout à coup de faire fonctionner la presse, tantl’affinité est grande.
C’est bien à cette extrême affinité du liquide avec la substance d’où ilest extrait, qu’est due la non réussite d’une machine ingénieuse, qui a étéproposée en 1840, par M. Laligant, et mise à exécution par M. Dewilde,d’Arras (1). L’auteur espérait extraire le jus de la betterave, au moyen decônes mobiles disposés sur un plateau circulaire, marchant en sens con-traire, et entre lesquels la pulpe était forcée de passer. On voyait bien, eneffet, que le jus paraissait se retirer, au moment de la pression ; mais dèsque la matière était passée, elle s’emparait aussitôt du liquide, qui rentraitdans ses pores avec la même rapidité qu’il en sortait.
Il faut donc, de toute nécessité, surtout pour extraire les dernières por-tions du liquide contenues dans la matière, avoir le soin de tenir la pres-sion élevée pendant plusieurs minutes consécutives ; on voit que le juss'écoule constamment, ne pouvant rentrer dans les cellules qui le ren-fermaient.
Les nouvelles presses que l’on a faites depuis celle de Spiller, rem-plissent ce but plus ou moins parfaitement; nous pouvons même dire quele plus grand nombre ne laissent rien à désirer aujourd’hui sous ce rapport;telles sont les presses doubles de MM. Traxler et Bourgois, publiées dansle 2 e volume du Recueil de machines de M. Leblanc; celles de M. Hallette,qui en a construit beaucoup pour les huileries et les fabriques de sucre debetterave; celles de M. Trésel, de Saint-Quentin , qui s’est fait breveter en1837, pour son ingénieuse disposition (2); et enfin, celles de M. Dewildeque nous allons faire connaître avec détails dans cette livraison.
Ces presses, pour lesquelles M. Dewilde s’est particulièrement fait re-marquer, comme constructeur, ont beaucoup d’analogie, au moins quantà la disposition générale, avec celles de MM. Perrier et Edwards. Le bâtisqui reçoit les pompes d’injection se compose de quatre colonnes reposantsur une bâche rectangulaire, et réunies à leur sommet par un entable-ment destiné à porter les arbres et engrenages de transmission de mouve-ments. Les deux roues de commande, au lieu de différer d’une dent, sontexactement de même diamètre et de même nombre de dents, par consé-quent, les pistons conservent toujours leur position relative, mais ils sontdoubles, c’est-à-dire, que chacun d’eux a deux diamètres différents, et lespompes qui les reçoivent sont également doubles. Ainsi dans un appareil à
(1) Laminoir horizontal propre à écraser, d’une manière continue, les fruits, les racines, lesgraines oléagineuses, et en général toutes les substances dont on veut extraire le jus ou les partiesaqueuses. (Brevet d’invention de 5 ans, du 21 nov. 1840.)
(2) Le brevet de M. Trésel a pour litre : Application dans les presses hydrauliques , de Varrét depression , avec continuité de pression; il a été demandé pour 10 ans, et délivré le 5 avril 1837.