(PLANCHE 35).
Après avoir compris que pour exécuter les pièces mécaniques avec exac-titude et avec économie, il fallait nécessairement de bonnes machines-ou-tils, bien combinées, bien appropriées au travail qu’elles doivent faire, lesconstructeurs se sont attachés à disposer des appareils tout spéciaux pourleur faire exécuter des pièces qui se répètent, et qui, par conséquent,doivent être confectionnées très-rapidement. Ainsi, pour l’exécution decertaines pièces du matériel des chemins de fer, comme les roues de wa-gons ou de locomotives, par exemple, on a dû chercher à établir des toursà double chariot, qui pussent à la fois tourner une paire de roues toutesajustées, toutes montées sur leur essieu, au lieu de ne travailler qu’uneseule roue, comme on le ferait avec les tours ordinaires.
Cette disposition de tour à double chariot monté sur le môme banc pré-sente l’avantage d’opérer, d’une part, avec plus de célérité, et de l’autre,avec une plus grande précision; car en tournant les deux roues sur leuressieu en même temps, on est bien plus certain que ces roues seront exac-tement de même diamètre, et devront être plus parfaitement rondes. Oncomprend alors qu’un atelier qui s’organise pour construire des wagons,des locomotives, des tenders, etc., doit nécessairement être muni de toursà chariot de différentes forces, les uns pour les roues de plus petits dia-mètres, les autres, au contraire, pour les roues les plus fortes.
Dans la maison Derosne et Cad, à Chaillot, qui est aujourd’hui fort bienmontée pour la construction des locomotives, on remarque plusieurs de cestours, rangés par ordre sur une même ligne, et gradués suivant les dimen-sions des diverses roues qu’ils sont appelés à tourner. Cet établissement,