PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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pour servir, d’une part, de vérificateur, et de l’autre, à ramener le chariotà sa position primitive toutes les fois qu’un carton est fini. Les divisionstracées sur la circonférence extérieure indiquent, à l’aide d’un index t placéau-dessous, si l’ouvrier suit bien son dessin ; elles correspondent à cet effetavec les divisions faites sur le tableau V. Une ficelle u relie cette roue auchariot mobile par un piton v auquel elle est attachée (fig. 7), de sorte qu’àchaque course elle tourne d’une division ; un contre-poids x suspendu àune seconde corde, attachée également sur l’un des bords de la roue, apour objet de tendre constamment la première, pour que le mouvementsoit exactement répété.
Comme on le voit, une telle machine est fort ingénieuse et est suscep-tible de rendre de grands services à une foule d’ouvriers qui, voulant êtrelibres, travaillent chez eux; étant peu dispendieuse, et n’exigeant qu’unepersonne pour effectuer à la fois le lisage et le piquage, elle est beaucoupplus à leur portée que les grands appareils qui demandent absolument leconcours de plusieurs personnes.
FOURNEAU DE CHAUDIÈRE A VAPEUR.
Assistant il y a quelques jours à la remise en marche d’un des bateaux {les Étoiles)qui, naguère, faisaient le service des voyageurs de Paris à Rouen (1), en concur-rence avec les Dorades, employés aujourd’hui comme remorqueurs, nous avonsconstaté , à plusieurs reprises , les résultats que l’on peut obtenir, pour brûler lafumée, dans les fourneaux de chaudières à vapeur. Nous observions à M. Cavé, quiétait présent aux nouveaux essais , qu’il sortait par les cheminées une fumée bienépaisse, et qu’on devait consommer beaucoup de combustible ; il nous répondit quec’était parce que les gaz n’étaient pas brûlés, et que l’on pouvait fort bien éviter cetinconvénient en prenant quelques précautions. Et, en effet, il fit aussitôt l’expé-rience devant nous : on venait de jeter du coke sur l’une des grilles; au lieu de lais-ser la porte fermée entièrement, comme font tous les chauffeurs dès qu’ils ont chargéle foyer, il l’ouvrit, au contraire, de 5 h 6 centimètres , et immédiatement la fuméecessait de sortir par la cheminée ; il fournissait par cette ouverture une suffisantequantité d’air pour brûler les gaz qui se dégageaient en masse du foyer. Dès qu’ilrefermait la porte, on voyait aussitôt la fumée reparaître au sommet de la cheminée.
Ainsi, avec des chauffeurs soigneux , intelligents, qui auraient la conscience deleur profession, on pourrait certainement, non-seulement éviter les inconvénients
(I) Les deux bateaux, les Étoiles , ont leur coque en tôle, d’une très-jolie forme, et construite parM. Lenormand, du Hâvre; leurs machines ont été faites en Angleterre, en 1837, par M. Barns;les chaudières sont d’une disposition particulière : elles sont à tubes, mais elles reçoivent l’eau dansces tubes, la flamme et la fumée passent autour; au nombre de quatre dans chaque bateau , ellesont chacune leur cheminée, et sont chauffées au coke; on est dans l’obligation d’activer le tirage pardes ventilateurs, et de charger leur grille assez fortement. Ces bateaux ont été livrés pour la forcede 80 chevaux ; leurs machines sont à basse pression et à condensation ; le diamètre des cylindresà vapeur est de Om 96 , la course des pistons est de Om 87, et le nombre des révolutions de l’arbre desroues est de 32 à 34 par minute. La vitesse moyenne de ces bateaux, sur la Seine , était de 13 kilomè-tres à l’heure , soit 8 à 9 kilomètres à la montée, et 17 kilomètres à la descente.