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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
citées, non-seulement que les tubes en fer supportent, toutes choses égales d’ail-leurs, des pressions tendantes à les aplatir, bien plus fortes que les tubes en cuivre :ce qui était évident, d’après les ténacités respectives du cuivre et du fer, maisencore que le rapport de la résistance à l’aplatissement, à la résistance à la rupturepar extension, serait beaucoup moindre pour les tubes en cuivre que pour lestubes en fer.
Toutefois, ces inductions auraient un degré bien plus grand de probabilité, siles expériences eussent porté sur des tubes en fer et en cuivre de même épaisseuret de même diamètre, ce qui n’a pas eu lieu.
Quant aux inconvénients résultant de la rapide destruction des tubes en cuivre,sous l’action des gaz résultants de la combustion et de la dilatabilité du cuivre, ilssont démontrés jusqu’à l’évidence par les accidents arrivés à la chaudière del’hospice de Bordeaux et à celle du Corsaire Noir , rapportés dans la notice deM. Manès.
L’expérience a aussi démontré aux constructeurs anglais les inconvénients di stubes calorifères en cuivre, à l’usage desquels ils ont tout à fait renoncé depuislongtemps. Je citerai à ce sujet le passage d’un mémoire de M. Gervaise, sous-ingénieur de la marine, qui fut chargé par M. le ministre de ce département, d’allerétudier les chaudières tubulaires en Angleterre et aux États-Unis . Ce mémoire,sorti des presses de l’imprimerie royale, n’a point encore été livré au public.
DU MÉRITE COMPARATIF DE L’EMPLOI DU CUIVRE OU DU FERPOUR LA COMPOSITION DES TUBES.
« Par suite d’un abaissement, quelquefois considérable, du niveau de l’eau,« causé par une négligence, et auquel sont exposées les chaudières tubulaires plus« que toutes les autres, il peut arriver qu’une partie plus ou moins grande des« tubes supérieurs reste entourée seulement de vapeur ; ainsi soumis à une action« énergique d’une chaleur rouge, ces tubes sont travaillés par des effets violents« de dilatation, auxquels le cuivre, facile à brûler, résiste peu longtemps.
« Ainsi, en 1844, à bord du Prométhée , des chaudières toutes neuves, ayant les« tubes en cuivre, furent promptement avariées, et cela d’une manière effrayante« dans un abaissement du niveau de l’eau au-dessous des tubes.
« De plus, les tubes de cuivre, au contact du fer et au milieu de l’eau salée de« la mer, donnent naissance à une action galvanique très-sensible. M. Ravenhiil,« associé de Miller, qui, jusqu'à ces derniers temps, avait employé les tubes en« cuivre, m’a rapporté qu’une action corrosive, due au phénomène galvanique,« s’etait manifestée dans les parties des faces latérales des chaudières où aboutis-« sent les tirants transversaux qui passent au-dessus des foyers. En ces endroits ,<1 la tôle de l’enveloppe a subi une profonde altération : transformée en une ma-« tière tendre comme la mine de plomb, elle est rayée par l’ongle, et elle se laisse« couper au couteau.
« Pour balancer ces inconvénients majeurs, je ne vois que deux avantages, tout« à fait secondaires, attachés à l’emploi du cuivre : le premier, dû à la faculté con-« ductriee de la chaleur, beaucoup plus grande que celle du fer; le deuxième, dû« à la propriété dont paraît jouir ce métal, de rendre difficile l’adhérence des sels« à la surface.
« Les tubes en fer, au contraire, souffrent beaucoup moins des suites d’un abais-« sentent du niveau de l’eau; ils paraissent même pouvoir rester longtemps soumis