PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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der, du Creuzot, la marche du tiroir de distribution a lieu, non par un excen-trique, mais par une glissière mobile adaptée sur la bielle même. Les con-structeurs ont cherché à profiter du mouvement alternatif et curviligne,décrit par chacun des points de la bielle, pour faire mouvoir la tige du tiroir,au moyen d’une tringle solidaire avec cette glissière d’une part, et pouvant,de l’autre, s’accrocher alternativement à un bouton d’un levier supérieurou à celui d’un levier inférieur et diamétralement opposé au premier, maismonté sur le même axe transversal, afin de permettre de faire marcherl’appareil indifféremment à droite ou à gauche, en avant ou en arrière,ce qui est très-utile dans les carrières, où l’on puise le charbon, le minerai,l’ardoise, etc. ; il importe très-souvent de faire rétrograder la machine in-stantanément , sans quoi, on aurait à déplorer à chaque instant des mal-heurs, des accidents plus ou moins graves.
La machine deM. Hallette ne présente pas cet avantage. On ne pourrait,sans l’arrêter préalablement, opérer ce changement brusque de mouvementdu tiroir et de l’arbre moteur ; il est vrai que le travail qu’elle est destinéeà faire ne l’exige pas, par conséquent le constructeur n’a pas eu à s’enoccuper. Elle a d’ailleurs un autre avantage qui, généralement, n’existepas dans les machines de mines, c’est de marcher à détente variable.
Dans les divers appareils à vapeur que nous avons déjà publiés, nousavons fait connaître différents systèmes de détente, applicables soit auxmachines fixes, soit aux locomotives, soit encore aux machines de bateaux,mais aucun d’eux n’a d’analogie avec le système adopté dans la machine àcylindre horizontal que nous décrivons. M. Hallette a cherché à y faire l’ap-plication de la soupape à équilibre S, dite de Cornouailles , qui est très-souventemployée dans les machines d’épuisement ou à élever l’eau (1). Nous ver-rons que cette application est aujourd’hui faite par divers constructeurs etingénieurs, qui en ont constaté la simplicité et les avantages.
Ce genre de soupape présente cette particularité qu’elle repose à la foissur deux sièges parallèles et superposés, dont l’un, celui supérieur, est d’undiamètre plus petit que l’autre (voy. le détail, fig. 4). Elle a, à cet effet, laforme d’une sorte de cloche en bronze, ouverte à ses deux bases opposéesqui sont tournées coniques, pour s’asseoir sur le double siège fixe R, quiest aussi en bronze, logé dans l’intérieur de la boîte de fonte Q, dans la-quelle la vapeur arrive en venant de la chaudière par la tubulure k. Cettedisposition de soupape à double siège a l’avantage de diminuer considéra-blement l’effort nécessaire à vaincre pour l’ouvrir, en ce que la pression dela vapeur, qui tend à la maintenir fermée, n’a pas lieu véritablement surtoute sa section horizontale, mais seulement sur sa surface annulaire ; or,si l’on remarque que la partie inférieure ne diffère de la partie supérieure
(1) Nous nous proposons de publier ce système de machines prochainement, avec des détails sur letravail et le service qu’elles rendent là où elles sont appliquées; nous avons eu l’occasion d'en voirfonctionner en Angleterre, et d’obtenir des plans et des documents précis à cet égard. On peut avoirune idée de l’intérêt que présentent ces appareils en sachant qu’ils ne consomment pas plus de\ kil. à i kil. \Jh par cheval et par heure.