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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Des rateaux en fer, attachés au même axe et tout proche des roues, qu’ilssuivent dans leur marche circulaire, remuent sans cesse le mortier, en lefaisant tomber des bords de l’auge vers le fond, afin qu’il se présente con-stamment à l’action des roues qui passent sur lui, et qui l’écrasent. Lors-qu’on trouve que le mélange est arrivé à un degré sufQsant, on ouvre unesorte de trappe placée au fond de l’auge, pour que le mortier, poussé parune râcle que le manège continue à faire marcher, puisse tomber en tas audessous, et de là être aisément pris et transporté sur les travaux.
Dans de certains ports, comme à Toulon , à Brest , près des bagnes, lesingénieurs pouvant disposer d’un grand nombre d’ouvriers, généralementpeu payés, on fait usage d’un tonneau mobile autour d’un axe horizon-tal (1) ; des planchettes sont rapportées à la circonférence de ce tonneau ,et dirigées suivant des rayons, pour former des espèces de marches sur les-quelles les hommes montent constamment, pour faire tourner l’appareilpar leur propre poids; celui-ci èst garni à l’intérieur d’une grande quan-tité de chevilles qui divisent et mélangent les substances. Une trémie dis-posée à la tête du tonneau, y verse le sable et la chaux, qui sortent suffi-samment broyés et mélangés, à l’autre bout.
On a quelquefois employé, pour la fabrication du mortier, mais sansbeaucoup de succès, une machine à cônes, analogue en principe à cellequi existe encore chez des fabricants de chocolat (2).
Elle se compose de deux troncs de cônes en bois creux, remplis depierres, roulant sur une plate-forme circulaire, et suivis de couteaux etde râdes qui remuent et retournent la matière en la ramenant constam-ment sous les cônes. II ne paraît pas que cet appareil ait donné de bonsrésultats ; en tout cas il fait peu de mortier comparativement à la force mo-trice qu’il exige.
La machine qui paraît être le plus généralement en usage aujourd’huipour fabriquer le mortier, d’une manière continue et en grande quantité,n’est autre qu’un tonneau fixe conique ou cylindrique, placé verticalementet traversé à son centre par un axe également vertical mobile, armé de braset de dents disposés pour broyer et mélanger les substances au fur et àmesure qu’ils tournent dans la masse. M. Royer, architecte, s’est fait bre-veter pour un appareil de ce genre : à la partie inférieure de l’arbre, au-dessus des bras dentés, il rapporte une pièce de fonte, qui broie les ma-tières sur le fond du tonneau, lequel est percé d’un grand nombre d’ou-vertures par lesquelles elles trouvent leur issue, mais ces ouvertures étroiteset courbes, sont susceptibles de s’engorger.
(1) M. Genlilhomme a établi, pour ta fabrication des poteries, un cylindre rotatif à axe légèrementincliné et armé de lames en fer, pour opérer le mélange et la trituration: nous croyons que cetappareil pourrait être appliqué avec quelque succès, dans plusieurs localités, à la fabrication dumortier.
(2) Ces machines, également à cônes, font très-peu de produits comparativement aux machines àcylindres que nous avons publiées au commencement du tome IV, et qui sont généralement préféréesaujourd'hui.