GRANDE MACHINE A MATER,
EST TOX.E ET EST FER,
ET CONSTRUITE
Par MSI. MAZEJLINE Frères,
A GravilIe-l’Eure, prés le Ilàvre.
(PLANCHE 3.)
L’appareil que nous allons décrire n’est pas seulement intéressant sousle rapport des charges énormes qu’il est susceptible d’enlever à de grandesportées, mais encore sous le rapport de sa construction légère et solidetout à la fois, et de son heureuse disposition pour la manœuvre. Si lesgrues sont des instruments indispensables sur les quais, sur les rivières ,dans les docks, partout où l’on est susceptible de charger ou de déchargerdes marchandises (1), les machines à mâter, qui sont aussi des grues de plusgrandes dimensions, ne sont pas moins utiles dans les bassins, dans lesports de mer, pour le service des bâtiments de l’État, des navires du com-merce. Au Hâvre, par exemple , la machine à mâter est constamment oc-cupée ; établie depuis 1842, elle a certainement acquitté plusieurs fois savaleur, par le grand nombre de chargements et de déchargements qu’elle apermis de faire. Et pourtant, dés l’origine, avant môme d’en faire les es-sais , elle été le sujet de bien des critiques; on trouvait les constructeursbien hardis d’avoir osé établir un tel appareil, surtout en feuilles de tôle,sur une hauteur et une portée variable de 7 à 10 mètres, en dehors du piedde la mâture.
Après l’expérience de plusieurs années, et surtout après les épreuvesconsidérables auxquelles elle a résisté sans aucun accident, on a constatétoute la solidité de cette machine, et l’on est aujourd’hui convaincu desbons résultats ; aussi plusieurs ingénieurs ont proposé d’en établir de sem-blables dans nos différents ports de mer. Nous allons d’abord faire connaî-tre la construction de cet appareil, puis nous donnerons les calculs et les
(1) Nous avons publié ;deux articles sur les grues, l’un dans le premier volume, et l’aulre dans lequatrième, et nous avons parlé dans le cinquième de la belle et grande grue en tôle de M. Le-maître.
VI.
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